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S’approvisionner en fruits biologiques : un défi pour les transformateurs bio

Analyse, Dossiers 07 Nov 2017
S’approvisionner en fruits biologiques : un défi pour les transformateurs bio
Récolte de pommes biologiques - ©Matthieu CHANEL/Agrobio35

 

Les fruits et légumes sont les premiers produits bio consommés en France. Le succès de cette première place évoquée par les consommateurs est l’absence de pesticides et substances chimiques dans ces produits bio bruts. La consommation de fruits et légumes frais bio a ainsi progressé de 33% en 2016 ce qui constitue la plus forte croissance par rapport aux autres produits.
Le marché des fruits et légumes frais est de 1,3 milliards d’euros dont 45% sont commercialisés en magasins spécialisés, 31% en GMS et 23% en vente directe. Sans oublier que les fruits bio sont aussi les premiers produits introduits en restauration collective. Or si la majorité de la production est commercialisée en frais via l’ensemble de ces circuits de distribution, la demande est également de plus en plus forte en fruits de transformation (compotes, confitures, fourrages, préparations de fruits…). Sans oublier le marché des jus de fruits qui est le plus porteur du rayon boissons bio.
D’après les dernières communications de l’Agence Bio, le nombre de transformateurs était en augmentation de +8,8% au 1er semestre 2017. Parmi eux, 265 entreprises sont identifiés comme préparateurs-transformateurs de fruits et légumes, soit seulement 3% des transformateurs engagés en bio selon l’Agence Bio.

Or les marchés à la transformation, qui intéressent peu les agriculteurs, sont souvent ceux qui pâtissent en premier des problèmes conjoncturels. Les mauvaises récoltes de fruits cette année en France affectent donc les approvisionnements de nombreux transformateurs bio aujourd’hui. Selon le baromètre de conjoncture du Synabio, 8 entreprises sur 10 s’approvisionnant en fruits frais Origine France craindraient des tensions dans leurs achats sur certains fruits.
En France, la pomme est le fruit le plus touché, suivi par le raisin. Et ces tensions se font sentir également à l’étranger. Le marché des petits fruits semble également en risque de rupture pour certaines variétés, avec en particulier une rupture avérée de la myrtille. Mais les fruits exotiques ou les fruits secs sont également tendus.

Face à ce contexte particulièrement difficile pour les transformateurs de fruits cette année, quelles peuvent être les perspectives de sécurisation de ces approvisionnements ?

 

Conjoncture tendue pour de nombreux fruits bio

La filière fruits est l’une des plus développée en France, avec plus de 25000ha cultivés en agriculture biologique en 2016. Elle a connu également l’une des plus forte croissance en 10 ans. Les surfaces fruitières occupent aujourd’hui plus de 17% de la SAU comparable (c’était 4,3% en 2007). Selon l’Agence Bio, 300 nouvelles exploitations fruitières se seraient engagées en conversion bio au 30 juin 2017.