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Tendance : La réponse des produits carnés élaborés bio face à l’engouement végétal

Produits finis, Tendances 27 Nov 2017
Tendance : La réponse des produits carnés élaborés bio face à l’engouement végétal
Assortiment de produits carnés élaborés bio - ©Ingrébio

 

Comme le montrent toutes les analyses de tendances agroalimentaires, les produits vegan sont en plein essor. Bien que seulement entre 2 et 4%[1] de la population française soit réellement végétarienne ou vegan[2], l’engouement pour les protéines végétales et les produits alternatifs vegan est indéniable. D’après LSA, le marché global des charcuteries est en recul[3]. A tel point que les grandes marques de charcuterie conventionnelles n’ont d’autres leviers que de sortir une gamme végétale, à base de légumineuses et céréales.

Filet mignon fumé aux herbes de Provence bio

Filet mignon fumé aux herbes de Provence bio, Bioporc - ©Ingrébio

La médiatisation des légumineuses et de leur richesse protéique, avec notamment l’Année Internationale des Légumineuses en 2016, les conseils des nutritionnistes de diminuer sa consommation de protéines animales, la question de la présence des nitrites dans la charcuterie, l’impact de l’élevage sur l’environnement, l’incapacité de la terre à produire suffisamment de viande pour tous d’ici quelques années… Autant de facteurs qui font que le consommateur se désintéresse petit à petit des protéines animales… tout au moins conventionnelles. Les tendances du récent salon Natexpo confirment elles aussi la dynamique des produits vegan en bio. En revanche, le marché des viandes bio ne semble pas décliner. La preuve en est que le Filet mignon fumé aux herbes de Provence de Bioporc a remporté le Trophée argent Natexpo 2017 et que parmi les lauréats du Meilleur produit bio 2017 figurent deux produits de charcuterie : le Jambon rôti aux herbes de Bonneterre et le Jambon cuit supérieur sans nitrite ni nitrate ajoutés de Rostain.

L’offre des transformateurs bio se diversifie plutôt et les standards conventionnels se déclinent de plus en plus en version bio.

 

Quelles sont donc les atouts que mettent en avant les industriels de produits carnés élaborés pour convaincre le consommateur de ne pas se détourner complètement au profit du végétal ?

 

Viande bio, état de l’offre et de la demande en France

L’élevage bio en plein essor

D’après les chiffres de l’Agence Bio, 37% des fermes engagées en bio pratiquaient l’élevage en 2016[4] :

  • 22% pour l’élevage bovin (laitier ou allaitant), soit 3 élevages bio sur 5 ;
  • 9% pour l’élevage porcin ou de volailles ;
  • 6% pour l’élevage ovin (laitier ou allaitant) ;
  • 3% pour l’élevage caprin.

Le nombre d’animaux à viande, bio et en conversion, a augmenté en 2016 par rapport à 2015 :

  • Vaches allaitantes : +17% ;
  • Poulets de chair : +12,6% ;
  • Brebis viande : +12% ;
  • Truies : +6%.

Côté viande transformée, 7% des transformateurs engagés en bio en 2015 appartenaient au secteur viande.

 

La consommation de viande bio continue sa croissance

Consommation à domicile

D’après l’Agence Bio, la viande bio a été consommée en 2016 par 34% des Français et 49% des consommateurs bio (vs 39% en 2015)[5]. Elle fait partie du top 5 des produits bio les plus consommés[6].

En effet, les achats des ménages pour leur consommation à domicile de viande bio ne cessent d’augmenter depuis plusieurs années. Cela représentait 108 millions d’euros en 2016 pour la charcuterie-salaison, soit une augmentation de 6,9% par rapport à 2015, avec des achats principalement réalisés en GMS et des approvisionnements français à 90%[7].

 

Consommation en Restauration Hors Domicile

En revanche, en restauration collective, seulement 12% des restaurants ayant introduit des produits bio déclarent proposer de la charcuterie-salaison bio[8]. D’après l’Agence Bio, cette faible dynamique pourrait provenir d’une disponibilité insuffisante des produits bio carnés mais aussi de leur prix élevé qui favoriserait le remplacement des viandes par des produits végétaux, notamment dans certaines cantines pour rééquilibrer les budgets d’achats[9].

 

D’après le dernier sondage IFOP commandé par la Commission bio d’Interbev[10] en avril 2017, 71% des Français ont déjà consommé de la viande bio (contre 59% en 2015), 77% considèrent qu’elle est bénéfique pour la santé comme pour l’environnement et pour 62% des Français il s’agirait même d’un acte citoyen[11].

L’intérêt des Français pour la viande bio continue d’augmenter, en lien avec l'image positive dont elle bénéficie. Elle apparaît aux consommateurs comme un moyen de remédier à certains aspects qu’ils reprochent aux produits carnés conventionnels, et notamment l’origine France, la qualité, le respect du bien-être animal, l’impact sur l’environnement…

 

Les gammes de produits carnés élaborés bio se diversifient

Pour appuyer sa réflexion, Ingrébio a étudié l’offre disponible en magasins spécialisés bio (MSB) et GMS, en novembre 2017, pour les produits carnés élaborés bio


[1] Terra Eco février 2016.
[2] La Commission européenne a d’ailleurs récemment annoncé que le processus d’établissement d'une définition légale des aliments végétariens et véganes sera initié en 2019.
[3] LSA, La charcuterie contrainte de se réinventer, mai 2017.
[4] Agence Bio, Dossier de presse Printemps Bio 2017, mai 2017.
[5] Agence Bio, Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France - Edition 2016.
[6] Agence Bio, Dossier de de presse du 15 septembre 2017.
[7] Agence Bio, Dossier de presse Printemps Bio 2017, mai 2017.
[8] Source : Etude Agence bio/CSA-2015.
[9] Agence Bio, Estimation du marché alimentaire bio en Restauration Hors Domicile - Juin 2017 - Données 2016.
[10] Interprofession Bétail et Viande.
[11] Bio Linéaires N°73, Septembre – Octobre 2017.