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ETATS GENERAUX DE L’ALIMENTATION : les acteurs de la bio demandent un plan d’action clair pour la bio

Actualités, Filière Bio 22 Déc 2017
ETATS GENERAUX DE L’ALIMENTATION : les acteurs de la bio demandent un plan d’action clair pour la bio
Conclusions des États Généraux de Alimentation - ©Pascal Xicluna_Min.Agri.Fr

 

Les Etats généraux de l’alimentation qui se sont déroulés depuis Juillet et se sont clôturés ce jeudi ont réuni l’ensemble des parties prenantes de la chaîne alimentaire, des producteurs jusqu’aux consommateurs. Ils ont montré que tous se sentaient concernés par la transition agricole et alimentaire, et nombreux leur reconnaissent ce mérite.
Les grands objectifs de ces Etats Généraux inédits étaient de répondre à deux problématiques majeures : Permettre aux agriculteurs de vivre du juste prix payé et Permettre à chacun de vivre d’une alimentation saine, durable et sûre. Les agriculteurs et les consommateurs ont donc été au cœur des débats.

L’agriculture biologique a été très présente pendant ces 5 mois. Les contributions avancées par les citoyens via la plateforme de consultation publique[1] ont largement plébiscité les modes d’agriculture « écologique », « durable », « équitable » et « biologique ». Le président Emmanuel Macron lors de son discours de clôture de la première phase des Etats Généraux le 11 octobre avait annoncé des premières mesures encourageantes, incitant à aller vers « plus de production bio ou d’agroécologie »… Et les acteurs de la bio s’en étaient félicités.

Des ambitions floues dans les conclusions

Mais au lendemain de la clôture des Etats Généraux, ces derniers s’inquiètent que « cette vaste consultation débouche sur des orientations qui demeurent bien vagues pour les filières bio »[2]. Dans son discours de clôture, le Premier Ministre a certes annoncé la reconduction du plan « Ambition bio » pour 5 ans mais sans en préciser ni les objectifs, ni les moyens. Quant à l’idée d’introduire 50% de produits bio, locaux ou sous signes de qualité en restauration collective, elle reste trop imprécise pour créer une véritable incitation sur le terrain, notamment du fait du « ou » peu ambitieux.

Jean Verdier, président du SYNABIO, constate que « les ateliers des Etats généraux ont très clairement mis en évidence les atouts de la bio pour la santé publique, l’environnement et le bien-être animal. De nombreux experts et représentants de la société civile sont venus témoigner de la pertinence et du caractère innovant de notre modèle. Il est urgent que les politiques s’en saisissent pour relancer la création de valeur dans les filières et dans les territoires. Après ces 5 mois de co-construction, nous regrettons qu’aucun cap clair ne soit tracé en termes de moyens alloués au développement des filières bio. »

Dans son discours à mi-parcours des Etats généraux, le Président de la République avait pourtant mis en avant à maintes reprises la bio comme un modèle à suivre. Les différents ateliers ont mis en évidence, entre autres, l’exemplarité des filières bio en matière de contractualisation pluriannuelle et de relocalisation dans les territoires. Ils ont également illustré sa capacité à répondre aux attentes des consommateurs en quête de produits de qualité et respectueux de l’environnement. Les entreprises de la bio demandent donc un plan d’action cohérent avec cette vision.

Les professionnels bio sont prêts à faire plus

Les acteurs de la bio, réunis au sein de l’Agence bio, ont construit des propositions détaillées et chiffrées qui préfigurent ce futur plan[3]. L’objectif de 15% de SAU en bio d’ici 2022 doit être accompagné de mesures concrètes, et notamment de solutions de financement. Les professionnels sont d’ores et déjà mobilisés pour contribuer activement à l’élaboration de ce plan comme le souligne Florent Guhl, Directeur de l’Agence Bio « Les professionnels de la Bio sont prêts à s’investir avec l’Etat, les Régions, les Agences de l’eau pour co-construire un plan ambitieux qui a pour objectif de répondre aux attentes des consommateurs pour des produits bio français »

Plusieurs associations de filière ont aussi exprimé leur motivation, à l’instar d’Interbev qui twittait « La filière ovine française souhaite doubler sa production de viande Bio et de viande sous LabelRouge ou IGP grâce à un renouveau de la contractualisation ».
La balle est maintenant dans le camp des pouvoirs publics pour passer des intentions aux actes.

Par ailleurs, le SYNABIO appelle à une profonde évolution des interprofessions pour donner à la bio toute sa place dans la gouvernance des filières de demain. En effet, « la transformation des modèles de production », enjeu central des Etats généraux de l’alimentation, devra nécessairement passer par une transformation de ces instances professionnelles.

 


[1] Le site de consultation publique a recueilli plus de 160 000 votes et plus de 16 000 contributions
[2] Communiqué de presse « ETATS GENERAUX DE L’ALIMENTATION : le SYNABIO demande une ambition claire pour la bio », Synabio 21/12/17
[3] Communiqué de presse « Les professionnels de la Bio mobilisés pour répondre aux attentes des consommateurs en quête d’une alimentation saine et durable », Agence bio 21/12/17

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