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Café : La success-story qui cache la crise… ou l’étude sur la durabilité de la filière

Actualités, Publications 09 Oct 2018 3 minutes de lecture
Café : La success-story qui cache la crise… ou l’étude sur la durabilité de la filière
La success story du café qui cache la crise - ©BASIC - CEF

 

À l’occasion de la Journée Internationale du Café le 1er octobre dernier, Commerce Équitable France, Max Havelaar France et le collectif Repenser les Filières ont publié une étude socioéconomique inédite du BASIC sur la production de café. Cette étude révèle l’extrême fragilité de toute la filière Café, alors même que cette boisson connait un renouveau chez les consommateurs et une explosion de sa valorisation au plan mondial.

Au moment où les prix internationaux s’effondrent (passant sous la barre symbolique de 1 dollar/livre), au point que certains producteurs latino-américains refusent de vendre leur production, les acteurs du commerce équitable alertent sur la (non) durabilité de la filière. Celle-ci  voit une croissance ininterrompue des revenus pour les industriels et les marques alors que ceux des producteurs stagnent, voire diminuent. Les producteurs subissent même de plein fouet les coûts « cachés » d’une production non durable : changement climatique, pollution, pauvreté…

Une étude pour agir

Produit emblématique du commerce équitable et matière première agricole la plus échangée au monde, le café fait vivre 25 millions de familles d’agriculteurs. Mais dans quelles conditions ? Prix bradés pour les producteurs, impacts négatifs du changement climatique sur les récoltes, manque de ressources pour investir… Les alertes des producteurs se sont multipliées ces dernières années.

Dans ce contexte Commerce Équitable France, Max Havelaar France et le collectif Repenser les Filières ont commandité au Basic une étude sur la durabilité de la filière café. Elle met en lumière ses (dys)fonctionnements, mais aussi les effets des alternatives existantes dont le commerce équitable et l’agriculture biologique, ainsi que les autres leviers à actionner pour garantir sa durabilité.

Le commerce équitable : un outil qui fonctionne mais qui ne peut répondre seul aux enjeux

Le commerce équitable apparaît comme le modèle alternatif le plus performant pour améliorer la durabilité de la filière, et en premier lieu le revenu des producteurs grâce à un prix payé plus élevé (+21% par exemple au Pérou). L’étude démontre qu’il réduit les coûts sociétaux de 15 à 35% par rapport au café conventionnel, en fonction des pays.

La complémentarité de la labellisation commerce équitable et de l’agriculture biologique génère les meilleurs résultats dans l’étude : pour chaque dollar lié à l’export de café bio-équitable, les coûts sociétaux sont réduits de 45% en Éthiopie, 58% en Colombie et 66% au Pérou.

« Le commerce équitable montre qu’il est indispensable quand aucune régulation sérieuse ne protège les petits producteurs, que ce soit face à l’effondrement des prix ou face aux intermédiaires peu scrupuleux. L’impuissance à changer le système doit être dépassée par nos choix citoyens » déclare Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France.

Des leviers d’action pour plus d’équité

Face à cette situation alarmante causée par un déséquilibre spectaculaire, Commerce Équitable France, Max Havelaar France et le collectif Repenser les Filières tirent la sonnette d’alarme et proposent 4 mesures pour initier un partage plus équitable de la richesse au sein de la filière café.

- Les trois grands groupes qui concentrent 81% de la torréfaction en France doivent d’urgence revoir leurs politiques d’approvisionnement et garantir des revenus décents aux producteurs. Il est temps d’appliquer devoir de vigilance !

- Les acteurs des pays producteurs doivent mettre en place des programmes et des réformes spécifiques pour lutter contre les inégalités de revenu entre les hommes et les femmes au sein de la filière café.

- L'Organisation internationale du café (ICO) doit initier la mise en place d'un observatoire des coûts et des marges, la transparence étant la condition sine qua none à une meilleure répartition de la richesse.

- Les acteurs publics comme privés doivent accompagner les stratégies d’adaptation au réchauffement climatique des producteurs en finançant des programmes de recherche d'envergure sur l'agroforesterie qui permet des modes de production plus résilients d’un point de vue économique et écologique.

« Pour faire face aux défis de la pauvreté et de la protection de la biosphère, il est temps de rentrer dans une culture économique du partage de la valeur. Les entreprises de commerce équitable démontrent qu’une meilleure manière de commercer est possible. Cette étude montre que pour les producteurs de café, cette nécessité n’a jamais été autant d’actualité », déclare Julie Stoll, déléguée générale de Commerce Équitable France

 

Pour en savoir plus : Étude inédite : La success-story qui cache la crise.

 

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