Le sésame indien fait actuellement l’objet de suspicion suite à la découverte de lots contaminés par l’oxyde d’éthylène. Il semblerait qu’il s’agisse d’une contamination non pas accidentelle mais organisée. Un coup dur pour cette graine oléagineuse utilisée dans de nombreux produits alimentaires, y compris biologiques.

 

Une actualité chaude : 2784 lots retirés du marché français[1]

Plantation de sésame en Inde

Plantation de sésame en Inde - ©jcbabu85 123RF

Début septembre 2020, les autorités belges via RASFF[2] informaient leurs homologues européens de la présence d’oxyde d’éthylène, à une teneur très supérieure à la limite maximum réglementaire dans certains lots de graines de sésame importés d’Inde. Les autorités sanitaires françaises menaient encore (janvier 2021) des investigations en lien avec la Commission européenne pour identifier l’origine de cette contamination qui s’avère être de grande ampleur.

Dans l’attente des résultats de ces investigations, les autorités sanitaires françaises ont pris des mesures de retrait/rappel des produits contaminés, en coordination avec leurs homologues des États membres concernés. Mais comme le sésame entre dans la composition d’une gamme diversifiée de produits alimentaires, la tâche n’en est que plus ardue car elles doivent tracer la graine dans les familles suivantes : produits apéritifs et salés, biscottes, burgers, céréales, confiseries et chocolats, farines et aides culinaires, fromage, houmous, tahin et purée de sésame, graines, huiles et sauces, pains, plats préparés. Au 4 janvier 2021, ce ne sont pas moins de 2784 lots (!) qui étaient retirés du marché français dont une partie de produits certifiés bio. Les principales enseignes bio ou non sont concernées ainsi que des marques reconnues. Mais la contamination est bien plus large puisqu’elle touche l’ensemble des pays européens et la traque est loin d’être achevée.

L’oxyde d’éthylène est un gaz incolore qui a l’odeur caractéristique de l’éther. Il est très inflammable et se dissout facilement dans l’eau, l’alcool et la plupart des solvants organiques. Commercialisé depuis le début des années 1900, il est utilisé comme produit de synthèse intermédiaire et comme agent de stérilisation. Les principaux secteurs d'utilisation sont l'industrie chimique, l'agroalimentaire, le secteur pharmaceutique et la stérilisation du matériel médico-chirurgical. L’inhalation est la principale forme d’exposition professionnelle à l’oxyde d’éthylène. L'oxyde d'éthylène est une substance mutagène in vitro et in vivo, classée mutagène de catégorie 2, R46 par l'Union européenne.

(Source : https://www.cancer-environnement.fr/308-Oxyde-dethylene.ce.aspx)

Que s’est-il passé ? A l’origine ce sont plusieurs centaines voire plusieurs milliers[3] de tonnes de sésame en provenance d’Inde, un des principaux producteurs mondiaux de cette graine oléagineuse qui sont incriminées. Certains lots de sésame présentaient, en effet, des teneurs en oxyde d’éthylène allant jusqu’à 186 mg/kg, une valeur 3 720 fois plus élevée que la limite maximale de résidus (LMR) de 0,05 mg/kg acceptée par l’Union Européenne[4] pour les graines de sésame. A noter que les États-Unis acceptent jusqu’à 7 mg/kg de résidu de ce composé. Ce composé servant habituellement à la stérilisation d’ustensiles et de dispositifs médicaux est interdit d’utilisation dans l’Union Européenne pour désinfecter des denrées alimentaires ou des surfaces au contact d’aliments.

Étant donné les volumes incriminés et le fait que le sésame provient de plusieurs exportateurs, il ne s’agit pas d’un cas isolé,

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

S'ABONNER

ingrebio-logo-fr-et-baseline-carre-300x300
Tous les contenus en illimité
à partir de 16€/mois


[1] Au 04/01/2021
[2] Système d'alerte rapide de l’Union Européenne pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux.
[3] Les chiffres divergent selon les sources, alors que l’enquête continue.
[4] Selon le règlement (CE) No 396/2005 du Parlement Européen et du Conseil du 23 février 2005 concernant les limites maximales applicables aux résidus de pesticides présents dans ou sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux d'origine végétale et animale

image_print