La nouvelle a été sujette à controverse dès son annonce ces dernières semaines : dix acteurs professionnels de l’alimentation et du digital, ont lancé leur « Eco-score » pour évaluer l’impact environnemental des produits alimentaires.

Un éco-score basé sur les données d’Agribalyse et sur cinq indicateurs complémentaires, c’est le pari qu’ont lancé 10 acteurs de l’alimentaire en ce début d’année. Ainsi, Yuka, Eco2 Initiative, ScanUp, Open Food Facts, Etiquettable, Frigo Magic, La Fourche, FoodChéri, Marmiton et Seazon ont donné naissance à ce projet en établissant le constat que l’alimentation était le premier secteur du changement climatique. Elle représente 28% des gaz à effet de serre mondiaux[1], 70% de la consommation d’eau potable mondiale[2] et 70% de la déforestation dans le monde[3]. L’ambition de l’éco-Score est donc d’être un outil d’aide à la décision pour guider les choix alimentaires vers un mode de consommation plus durable. Une ambition souhaitant se mettre au service des générations futures en limitant les impacts environnementaux de l’alimentation, en préservant les ressources et en contenant le réchauffement climatique.

Exemple de l'utilisation de l'Eco-Score sur Open Food Facts

L'Eco-score est déjà utilisé par l'application Open Food Facts. Exemple pour un lot de deux steaks hachés bio.

Cinq critères et un socle de référence

Dans leur démarche, les créateurs de l’Eco-Score ont souhaité une méthodologie transparente. C’est pourquoi elle est consultable en ligne, par tous.

Exemple d'eco-score sur l'application Yuka

L'Eco-score sera utilisé par Yuka dès la fin du mois de février.

Le calcul de l’éco-score s’appuie sur un socle de référence : l’Analyse du Cycle de Vie ou ACV, données issues de la base Agribalyse. Celle-ci évalue les seize indicateurs environnementaux sur plus de 2500 catégories de produits selon des ACV réalisées par l’ADEME (Agence de la transition climatique). Mais on sait que ces données sont critiquées aujourd’hui car elles omettent un certain nombre de critères. C’est pourquoi dans leur Eco-score, le consortium a tenté de nuancer les données d’Agribalyse en y associant un système de bonus-malus.

Le score est calculé comme suit : Eco-score = ACV + bonus – malus. Il détermine l’Eco-Score associé selon une échelle allant de A à E.

Voici les Cinq indicateurs complémentaires qui viennent s’ajouter pour compléter les données non-prises en compte par l’ACV et former un score sur 100 :

  1. Système de production : bonus de 5 à 20 points
  2. Approvisionnement local : bonus de 0 à 15 points
  3. Politique environnementale : de -5 à +5 points
  4. Circularité de l’emballage : malus de 0 à -15 points
  5. Espèces menacées : malus de -10 points

 

Le Synabio et l’Interbev dénoncent l’Eco-score

Début janvier, le Synabio estimait que le lancement de l’Eco-score était prématuré. Il « intervient au beau milieu d’une expérimentation pilotée par les pouvoirs publics qui vise justement à définir une méthode fiable pour noter l’impact environnemental des produits » expliquait le Syndicat dans un communiqué, regrettant qu’une expérimentation soit employée comme valeur sûre « sans attendre d’en tirer tous les enseignements » et ajoutant que le choix de cette pondération n’est pas neutre et qu’il « aurait dû être débattu de manière ouverte ». Une vision partagée par l’Interbev, qui dénonce le fait que des groupes privés se soient affranchis de l’expérimentation nationale en cours. « INTERBEV, la filière Elevage et Viande, dénonce avec force cette opération publicitaire qui va à l’encontre de l’objectif, partagé entre pouvoirs publics, ONG et filières, de proposer au consommateur un affichage environnemental fiable, transparent, complet et reposant sur une méthode de calcul solide et collectivement validée », commentait l’association dans un communiqué, demandant dans le même temps au Gouvernement de condamner publiquement cet éco-score.

 


[1] Institute for Climate Economics. (2019). Estimating greenhouse gas emissions from food consumption 
[2] OCDE (2020). Agriculture and water policy changes
[3] WWF (2020). https://www.wwf.fr/champs-daction/alimentation

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