Le 25 mars 2021 sera à marquer d’une pierre blanche pour l’agriculture biologique. La Commission européenne a publié son Plan d'action pour la production biologique, avec en ligne de mire, l’objectif annoncé d’atteindre 25% des terres agricoles en bio d'ici 2030. Ce plan pour 2021-2027 montre une réelle ambition de soutien à la croissance du secteur biologique, de la production à la consommation.
Par ce Plan d’action renouvelé, la Commission Européenne reconnaît la production biologique comme un outil politique pouvant contribuer durablement à la transition de l’agriculture et de l’alimentation. Elle affiche les moyens et les mesures dont disposeront les États Membres pour atteindre les objectifs ambitieux de la stratégie ‘Farm to Fork’ approuvée au printemps 2020.

Des moyens au service du Plan d’action pour la bio

Le Plan d’action pour la bio s’appuie sur les réalisations du plan d’action 2014-20 et prend en compte les résultats d’une consultation publique sur les produits biologiques menée de septembre à novembre 2020.

Le plan d’action est structuré en trois axes interdépendants qui reflètent la structure de la chaîne d’approvisionnement alimentaire et les ambitions des objectifs de durabilité du pacte vert :

  • Axe 1 : Stimuler la demande et assurer la confiance des consommateurs
  • Axe 2 : Stimuler la conversion et renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur
  • Axe 3 : Améliorer la contribution de l’agriculture biologique à la durabilité environnementale (les produits biologiques donnant l’exemple)

Ces trois axes seront déployés par 23 actions. Dans le même temps, la Commission Européenne annonce un renforcement de Politique Agricole Commune (PAC) pour soutenir ce Plan d’action, mais également du conseil technique aux agriculteurs. Au moins 30% du budget à la recherche pour l’agriculture, la sylviculture et les zones rurales sera également consacré aux actions de recherche et d’innovation sur des thèmes spécifiques au secteur biologique, tels que l’augmentation des rendements des cultures, la biodiversité génétique ou les alternatives aux produits controversés.

Au total, ce sont 49 millions d'euros, soit 27% du budget total, que la Commission européenne prévoit consacrer au financement d'activités de promotion des produits agricoles biologiques en 2021.

Un Plan d’action salué par les instances représentatives de la bio

La Fédération Internationale des Mouvements d'Agriculture Biologique (IFOAM Organics Europe) a salué le plan de l'UE en faveur de l'agriculture biologique, que Jan Plagge, son président, décrit comme "une nouvelle ère pour la transformation de nos systèmes alimentaires vers le biologique et l'agroécologie". L’IFOAM-EU se félicite particulièrement des mesures concrètes annoncées, et de l’approche "push-pull" envisagée, qui vise à équilibrer l'augmentation de la production et de la demande de produits biologiques. "Compte tenu de l'importance des connaissances dans les systèmes alimentaires biologiques et du rôle que jouent les pratiques biologiques dans l'internalisation des coûts externes, l'affectation d'au moins 30 % du financement d'Horizon Europe pour l'agriculture, la sylviculture et les zones rurales à des sujets pertinents pour le secteur biologique, ainsi que la réalisation d'une étude sur le prix réel des denrées alimentaires et le rôle de la fiscalité sont des avancées opportunes", explique Jan Plagge.

De son côté, l'Association européenne de la transformation et du commerce des produits biologiques (OPTA) accueille également favorablement ce nouveau Plan d'action bio. L'OPTA se félicite en particulier, parmi les 23 points d’action du Plan, des actions ciblant l’augmentation de la demande, avec un budget substantiel pour la promotion des produits biologiques dans les marchés publics.
Bavo van den Idsert, représentant de l'OPTA, ajoute : « Ce qui nous manque, ce sont des instruments permettant de créer un terrain de jeu équitable entre la production biologique durable et la production rentable qui externalise les coûts pour la biodiversité, le climat, le bien-être animal et la santé humaine. Le principe du pollueur payeur devrait être appliqué pour stimuler réellement la production biologique durable et saine ».

« Ce plan d'action doit maintenant être mis en œuvre par les États membres »

L’OPTA apprécie aussi le fait que la nécessité d'inciter les pays de l'UE à élaborer des plans d'action nationaux en matière de produits biologiques soit appuyée dans ce Plan.

"Nous ne devons pas oublier l'importance de l'implication des acteurs nationaux, régionaux et même locaux pour que ce plan d'action soit aussi efficace que possible pour atteindre l'objectif de 25% de produits biologiques et assurer la transition vers des systèmes alimentaires plus durables", a déclaré Eduardo Cuoco, directeur d'IFOAM Organics Europe. En effet, ce plan d'action fournit des outils aux États membres pour exploiter pleinement le potentiel de l'agriculture biologique afin de régénérer l'agriculture européenne et de réconcilier l'agriculture et la nature.
Mais "ce plan d'action doit maintenant être mis en œuvre par les États membres à travers leurs plans stratégiques nationaux pour la PAC », insiste-t-il. « Il est temps de récompenser correctement les agriculteurs biologiques ainsi que les agriculteurs conventionnels en transition vers le biologique pour les bénéfices qu'ils apportent à la nature et à la société, et de financer correctement les systèmes de conseil agricole orientés vers les pratiques biologiques et autres pratiques agroécologiques".

IFOAM Organics Europe se réjouit aussi du fait que, par rapport au plan d'action biologique 2014-2020, ce nouveau plan d'action biologique comprenne des actions plus spécifiques, prévoie davantage d'actions à mener au-delà du niveau de l'UE et fournisse un calendrier pour la plupart des actions.

 


Pour en savoir plus :

Le Plan d’action européen pour la production biologique,
Le Plan d’action explicité par l’IFOAM EU
Le Plan d'action Farm to Fork proposé par l'OPTA
CAP negotiations and a ‘super trilogue’: An update

 

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