L’alimentation des Français évolue depuis quelques années, avec une consommation à la hausse en produits transformés biologiques. Selon les derniers chiffres de consommation de l’Agence Bio, le marché des produits d’épicerie salée a gagné +16% en 2019, et celui des produits surgelés a explosé de +31%[1]. Des segments qui comprennent entre autres des plats préparés, des conserves, des sauces… et donc nombreux produits transformés à base de tomates, courgettes et autres poivrons…

En 2020, 35% de la production de légumes français étaient destinés aux industries de transformation[2]. Difficile d’avoir les chiffres pour ce qui concerne les filières biologiques, mais on l’estime bien inférieur.

De plus, la consommation française de ce type de produits dépasse de loin ses capacités de production. Pour la tomate et ses dérivés, la France couvrirait aujourd’hui moins de 12% de ses besoins de consommation nationale en 2019[3] par exemple.

Dans un contexte où la demande pour des ingrédients français augmente, y compris dans ce type de produits, où les débouchés du frais restent toujours attrayants, et où il est encore toujours plus intéressant d’importer… comment l’offre en légumes du soleil biologiques pour la transformation se structure-t-elle aujourd’hui en France ?

 

Légumes pour l’industrie : des spécificités de culture à prendre en compte

Culture de tomates industrie en plein champ - ©Sonito

Culture de tomates industrie en plein champ - ©Sonito

La conduite des cultures de légumes destinées à la transformation est spécifique et nécessite :

  • Une sélection variétale des semences pour optimiser la production
  • Un itinéraire technique de plein champ pour produire du volume
  • Une mécanisation pour gagner en efficience
  • Un appui technique sur retour d’expériences pour assurer les rendements
  • La planification pour répondre aux besoins des transformateurs

Elle rivalise donc en premier lieu avec la culture maraichère destinée au marché du frais et aux circuits courts. Ce constat est particulièrement marqué en bio.

Les cultures de tomate et courgette d’industrie sont essentiellement présentes dans le sud de la France. Les productions d’aubergine et de poivron sont longues, et d’autant plus valorisées en circuits courts. Les conditions culturales de ces légumes en plein champ nécessitent de produire dans un climat méditerranéen, ce qui concentre ces productions dans quelques régions de France.
De plus, la transformation de ces légumes nécessite d’autres outils de transformation encore différents, et les opérateurs ne sont pas équipés. Ces productions à l’échelle industrielle nécessitent

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

S'ABONNER

ingrebio-logo-fr-et-baseline-carre-300x300
Tous les contenus en illimité
à partir de 16€/mois

 

Article préparé par Enora Berrou, Mathias Dumusois et Aurélie Verdier, dans le cadre de leur projet tutoré de Licence Pro ABCD / CFPPA Le Rheu.

image_print