La noix de coco sous toutes ses formes connaît un fort engouement depuis de nombreuses années, surtout dans le secteur bio. Appréciée pour sa chair, et de plus en plus pour son eau, elle est maintenant aussi plébiscitée en substitution à l’huile de palme ou au saccharose. Les marques la déclinent à l’envi dans de nombreux produits alimentaires et cosmétiques. Mais comment ne pas se questionner sur l’intensification de sa production et, en corollaire, ses impacts environnementaux et sociaux ?

 

Un arbre multi-fonction

Coupe d’une noix de coco.

Coupe d’une noix de coco. Source : http://biologie.sorbonne-universite.fr

Le cocotier (Cocos nucifera L.) est un arbre présentant une diversité d’usages extrême. Extrême est aussi le terme pour qualifier ses conditions de croissance : peu exigeant, il s’adapte à divers types de sols et de climats. Il est capable de pousser dans des atolls tout en produisant de manière continue durant plusieurs dizaines d’années l’un des fruits le plus gros de la planète. La noix de coco n’est finalement que le noyau d’une drupe oléagineuse décomposée en coque verte, fibres (appelée bourre), coque lignifiée (le noyau) et amande (albumen et eau).

Le cocotier est à la fois une culture vivrière pour de nombreuses communautés (insulaires notamment) et de rente, depuis le milieu du 19ème siècle. Comme culture vivrière, il fournit lait et eau de coco, sucre, fibres (de combustion), huile brute ou vierge (de cuisson), matériaux de construction (palme, bois). La noix de coco est même utilisée en médecine traditionnelle. En Asie et en Océanie (qui concentrent plus de 85% des surfaces plantées), le cocotier est traditionnellement intégré dans des systèmes agroforestiers complexes (mélange de cultures comme la banane, les racines et tubercules, les épices, la vanille, les autres arbres fruitiers). Avant d’avoir acquis une place économique, cet arbre est avant tout important d’un point de vue social et culturel.

 

Exploitations familiales : le modèle de production de noix de coco encore dominant

Selon les derniers chiffres de la FAO (2019), la superficie mondiale récoltée était de 11,8 millions d’ha (contre 28 millions d’ha pour le palmier à huile) avec trois pays qui se détachent nettement. Cette superficie évolue lentement à la hausse. L’Inde et l’Indonésie consomment une grande partie de leurs noix de coco alors que les Philippines ont mis en place une politique de valorisation et d’exportation qui a porté ses fruits. Un quart des surfaces agricoles aux Philippines serait

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