L’upcycling ou la revalorisation de coproduits a pour objectif de lutter contre le gaspillage alimentaire dans une optique d’économie circulaire et de développement durable.
Au-delà de l’aspect environnemental, l’upcycling est également envisagé pour le développement de nouveaux produits répondant à différents objectifs de nutrition durable : ajout de fibres, de protéines ou d’autres vitamines ou minéraux et obtention d’allégations nutritionnelles/santé spécifiques, réduction de la liste des ingrédients, amélioration du nutriscore…
A l’occasion du Natexpo 2021, NutriFizz et Hubcycle ont co-animé une conférence sur la thématique de l’upcycling, organisée par Ingrébio sur le Forum des Ingrédients Bio le 25 octobre 2021. Retrouvez la vidéo en fin d'article.

 

Gaspillage alimentaire et upcycling : Définitions et chiffres clés.

Le gaspillage alimentaire en France

En France, selon le Ministère de la transition écologique et solidaire, le gaspillage alimentaire représente 10 millions de tonnes de déchets par an pour une valeur commerciale de 16 milliards d’euros.
Selon les données de l’ADEME en 2016, le gaspillage alimentaire intervient à différents niveaux de la chaîne, de la production à la consommation, avec la répartition suivante : 33% du gaspillage a lieu lors de la production, 22% au niveau de la transformation, 13% lors de la distribution et 32% à l’étape de consommation (Figure 1).

Répartition du gaspillage alimentaire (extrait des données ADEME 2016)

Figure 1 – Répartition du gaspillage alimentaire (extrait des données ADEME 2016)

 

Le gaspillage alimentaire en France est donc particulièrement conséquent et il apparaît clairement un besoin d’agir à différents niveaux, dont ceux de la production et de la transformation.

 

L’upcycling ou la revalorisation de coproduits

Selon la définition de l’ADEME, un coproduit est une matière qui est créée au cours du processus de fabrication d’un produit, que ce soit de façon intentionnelle ou non. Le coproduit est destiné à un usage particulier, distinct de celui du produit dont il est issu. Se situant entre le produit noble et le déchet, le coproduit ne date pas d’hier. Mélasses et autres dérivés alcooliques de l’industrie sucrière sont typiquement des coproduits utilisés depuis longtemps.

L’upcycling correspond à la récupération de matériaux ou produits dont on a plus l’usage afin de les revaloriser. Il s’agit donc de récupérer des coproduits qui seraient habituellement jetés ou utilisés en alimentation animale pour les revaloriser à l’échelle agroalimentaire ou cosmétique.

Selon l’enquête Réséda de 2017, les coproduits issus de l’agriculture et des industries agroalimentaires représentent 12,1 millions de tonnes de matière sèche en France, de quoi répondre à un certain nombre de demandes.
Un coproduit considéré comme inutilisable à l’issue du process de fabrication pour certains, peut être intéressant pour d’autres (exemple : utilisation de l’eau de cuisson de pois chiches en tant que texturant en alternative à l’emploi d’œuf et développement de produits vegan).

Une étude de Future Market Insights utilisant des données publiées par Rethink Food Waste Through Economics a révélé que l’utilisation de coproduits est une activité en plein essor et qui a généré 46,7 milliards de dollars de revenus en 2019 dans le monde, et dont le taux de croissance serait de 5% pour les 10 prochaines années.

 

Utilisation de coproduits : Données scientifiques

Afin d’enrichir nos connaissances concernant la qualité nutritionnelle et gustative des coproduits et le potentiel de leur utilisation au sein de l’industrie agroalimentaire, de nouvelles publications scientifiques apparaissent notamment depuis 2019 sur des bases de données telles que PubMed ou Science Direct.

De nombreuses études s’intéressent par exemple à la réutilisation des drêches de brasserie, principal coproduit de l’industrie de la bière. En effet, les drêches peuvent être employées comme ingrédient fonctionnel pour augmenter la valeur nutritionnelle de produits à base de céréales. D’après les travaux de Nocente et al. datant de Février 2021, le remplacement de 10% de semoule de blé par des drêches de brasserie obtenues à partir de tritordeum ou petit épeautre permettait

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