L’agriculture biologique, au sud comme au nord, représente une base solide pour préserver la biodiversité en se passant des intrants chimiques de synthèse, dont les pesticides. Ils sont une des premières causes de destruction de la biodiversité, comme le confirme la récente étude scientifique collective menée par IFREMER et l’INRAE[1]. Le Synabio considère qu’il est néanmoins essentiel pour les filières bio de continuer à progresser sur des enjeux insuffisamment couverts par le règlement bio européen.

A ce titre, le Synabio publie un 2ème guide sur la biodiversité dédié aux filières du sud (cacao, soja, café...). Un an après la parution de son 1er guide sur la préservation de la biodiversité à destination des entreprises bio, l’association s’engage à faire progresser les pratiques des entreprises sur les enjeux spécifiques à ces ‘commodités’ : déforestation, dégradation des sols, meilleure rémunération et formation des producteurs etc.

 

Vers un objectif zéro déforestation importée

Dans les pays tropicaux et subtropicaux, l’agriculture est responsable à 73% de la déforestation et de la dégradation des couverts forestiers (FAO, 2020).

Or, les forêts tropicales abritent 50% des espèces sur terre et permettent d’assurer des fonctions de protection et de conservation, dont le maintien des ressources en eau. Elles jouent également un rôle non négligeable sur la régulation du climat et constituent un potentiel inestimable pour répondre aux besoins de l'humanité.

Alors que l’Union européenne s’apprête à encadrer les importations agricoles afin de limiter la déforestation importée, le Synabio considère qu’il est urgent que les filières bio fassent preuve d’exemplarité et s’engagent à atteindre un objectif de zéro déforestation brute avérée d’ici 2025 sur les filières de matières premières à risques.

Ce guide du Synabio présente les méthodes et les principaux outils de traçabilité et de géolocalisation pouvant aider les entreprises dans la mise en œuvre de cet objectif. Un programme de formation sera également proposé dans les mois à venir.

Indicateurs concrets de progression pour les entreprises bio

Les 5 indicateurs retenus visent à préserver la biodiversité au-delà des exigences du cahier des charges bio et particulièrement :

  • (i) à préserver en priorité les écosystèmes naturels d’intérêts pour la biodiversité encore existants dans les zones de productions agricoles (indicateurs 1 et 2),
  • (ii) à restaurer la biodiversité et renforcer la capacité d’accueil de la biodiversité sur les exploitations agricoles (indicateurs 3 et 4) et
  • (iii) à renforcer les capacités des producteurs et groupements de producteurs à mettre en œuvre des pratiques de préservation et restauration de la biodiversité, facteur clé de réussite pour l’atteinte des indicateurs précédents.

Ces indicateurs sont le résultat d’un travail de concertation mené par une dizaine d’entreprises bio adhérentes au Synabio, le bureau d’étude Kinomé et la contribution d’un certain nombre d’ONG. Ils ont été sélectionnés en fonction des connaissances scientifiques actuelles et de l’expertise terrain de Kinomé et des entreprises engagées.

 

Une mobilisation nécessaire de l’ensemble des acteurs du commerce international

La mise en œuvre des pratiques favorables à la biodiversité est un long chemin qui passe par un engagement et des partenariats de long terme entre les entreprises, fournisseurs, organisations de producteurs et producteurs.

Les exigences des entreprises pour un changement de pratiques favorables à la biodiversité doivent assurer aux producteurs un revenu digne de leur travail pour qu’ils puissent modifier leurs pratiques.

Des outils comme le commerce équitable permettent de créer des conditions favorables au changement de pratiques à travers l’accès à une rémunération plus juste et le renforcement des capacités des coopératives.

Le label bio permet ainsi d’assurer un socle de bonnes pratiques agricoles tandis que le commerce équitable apporte des conditions économiques propices à leur développement et à leur pérennisation.

Ce guide propose un benchmark des labels associant commerce équitable et préservation de la biodiversité ainsi qu’un panorama des acteurs mobilisés sur ces enjeux. Grâce à ces outils, les entreprises pourront renforcer la cohérence de leurs filières d’importation.

 


[1] Ajouter la source de l ‘étude

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