Les chiffres 2021 du secteur bio, dévoilés la semaine dernière par l’Agence Bio, démontrent que le secteur reste résilient dans un contexte alimentaire bousculé. La France est l’un des leaders européens de l’agriculture bio avec une part des terres agricoles cultivées biologiques en nette progression en 2021. Distribué sur des circuits de plus en plus variés, le bio est entré dans les habitudes des consommateurs, qui souhaitent plus d’informations quant aux garanties du label Agriculture Biologique.

 

Le Bio, un marché indispensable pour notre souveraineté alimentaire

Avec une forte progression du nombre d’exploitations agricoles en France qui atteint 13,4% des fermes hexagonales en 2021 et plus de 80% des produits bio provenant de nos territoires, l’agriculture biologique est au cœur du modèle de souveraineté alimentaire français. En 2021, près de 2,8 millions d’hectares sont cultivés selon le mode de production biologique en France. C’est 9% de plus qu’en 2020, alors que la part de terres certifiées (pouvant produire bio) atteint 2,2 millions d’hectares.
La France reste donc, au sein de l’Union Européenne, un modèle de développement en agriculture biologique. Elle demeure par exemple le premier cultivateur mondial de vignes bio en surfaces avec des vignobles, dépassant les 20% du vignoble conduits en bio en septembre 2021. Le bio s’inscrit donc comme un acteur majeur de la transition agricole et alimentaire.
Le nombre d’opérateurs de l’aval (transformateurs et distributeurs) a lui aussi augmenté de 13,3% en 2021. 29233 opérateurs sont ainsi certifiés pour une activité bio, témoignant du dynamisme des entreprises agroalimentaires également.

 

Un marché du bio résilient et des circuits de distribution variés

Des circuits de distribution variés pour le marché bio. ©Agence Bio

Des circuits de distribution variés pour le marché bio. ©Agence Bio

Si, en 2021, le marché du bio conserve une part de marché globale de 6,6% dans les courses alimentaires des Français, il n’est pas épargné par le contexte économique et alimentaire bouleversé depuis ces derniers mois.
Comme d’autres secteurs de la production alimentaire, le bio voit sa consommation diminuer, à hauteur d’1,34% (-68 millions d’euros). La multiplicité des circuits de distribution permet toutefois à la production biologique de tirer son épingle du jeu : la part de la grande distribution ne représente  qu’un peu plus de la moitié du marché aux cotés de la distribution spécialisée, des circuits courts et la vente en direct et de la restauration.

 

Manger bio et local, deux exigences compatibles

Consommation alimentaire des ménages et part des achats alimentaires bio sur la consommation générale. ©Agence Bio

Consommation alimentaire des ménages et part des achats alimentaires bio sur la consommation générale. ©Agence Bio

Après une hausse significative de la consommation de produits bio en 2020, au sortir du confinement, le bio conserve une part de marché de 6,63% dans les courses alimentaires des Français. Si les consommateurs plébiscitent davantage des productions locales, les produits bio proviennent à plus de 80% des territoires français (hors produits tropicaux). Dans les lieux de consommation de proximité, la demande de produits bio ne faiblit pas. La vente directe confirme son poids avec 26 000 points de vente, et un chiffre d’affaires en croissance de 8%, faisant la preuve du succès du bio combiné au local.

 

Des marges de progression colossales dans la restauration

Grâce à la loi EGAlim et son objectif de 20% de produits bio, le bio enregistre une légère progression dans les cantines, passant à 6,6% des achats de la restauration collective.
En revanche, la restauration commerciale, avec seulement 1,67% d’achats de produits bio a une marge de progression colossale.
Avec environ 80 000 cantines et 180 000 restaurants introduisant le bio en France, la restauration représente un relais de croissance majeur pour le développement du bio.
C’est sur ce débouché que compte l’Agence Bio pour relever le secteur bio et répondre aux défis actuels.

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