Boissons rafraichissantes bio : quand innovation rime avec santé

 

Les boissons alternatives intègrent les chiffres du marché des boissons rafraîchissantes non alcoolisées (BRNA), parmi lesquelles on distingue les boissons rafraîchissantes gazeuses et les boissons rafraîchissantes non gazeuses. Leur point commun ? Elles sont la plupart du temps obtenues à partir d’eau et de sucre (colas et sodas, boissons aux fruits, eaux aromatisées, limonades et boissons à base de thé…).
Avec l’évolution des comportements et attentes alimentaires, on observe cependant une diversification de ce secteur depuis une dizaine d’année avec le déploiement d’une offre de boissons plus naturelles (moins de colorants, d’arômes de synthèse…), plus saines (moins de sucres, plus de fruits, de plantes…) et plus durables (plastiques recyclés, verre consigné…).

Boisson aux extraits concombre menthe - Volvic

Boisson aux extraits concombre menthe – Volvic

Le label bio s’est également retrouvé propulsé sur ce secteur par l’arrivée des grandes marques, telles que Coca-cola avec sa marque Honest « Une boisson plaisir, faible en calories et dont les ingrédients sont certifiés BIO, le tout dans une bouteille 100% recyclable » ou Danone avec sa gamme Volvic Essential Bio « De l’eau minérale naturelle Volvic, du jus de citron bio, une touche de fruits et de plantes et… c’est tout ! ». Mais aussi Vittel, Contrex, Evian, San Pellegrino, Perrier… la recette étant d’aromatiser l’eau avec force arômes ou jus concentrés pour pouvoir arborer le précieux logo AB.

Mais de nombreux nouveaux concepts et marques ont aussi fait leur apparition, des boissons fermentées aux eaux végétales, en passant par les propositions d’apéritifs sans alcools les plus imaginatifs. Plusieurs années donc que l’on observe le développement d’une offre de boissons alternatives bio, via les leaders ou via les start-ups, avec exploration de différentes voies d’innovation. Thé et plantes, légumes, eau de coco, gingembre et autres épices, chia, chanvre, vinaigre, fermentation… nous vous proposons ce mois-ci notre analyse macro de ce marché en croissance…

 

Marché des boissons alternatives : quelques chiffres

Difficile dans ce marché à la fois diversifié et naissant d’obtenir des chiffres spécifiques pour le bio, mais quelques indicateurs cependant confirment le dynamisme de ce segment.
Le marché français global des ‘soft drinks’ a été estimé à 8 milliards d’euros en 2019[1]. Pourtant, les Français ne sont pas les plus gros consommateurs de boissons rafraichissantes. Ils consommeraient

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Champ de colza en Ukraine - ©graf_montekristo 123RF

Guerre en Ukraine : quels impacts pour les filières bio ?

 

Au-delà du drame humain qui se joue comme pour toute guerre, celle-ci retentit plus fortement car à notre porte, mais aussi car les répercussions sont directes sur notre économie. Considérés comme des greniers de l’Europe, l’Ukraine et la Russie alimentent en effet une partie de l’Europe et du Monde, en céréales, graines, huiles… Les articles sont nombreux qui soulèvent le risque de crise alimentaire, en particulier en Afrique, du fait de la fermeture des ports de la mer Noire. Et qui font s’emballer le monde agricole…

Le chaos créé sur les marchés mondiaux a amené l’Europe a requestionné son plan ambitieux « Farm to Fork » issu du Pacte Vert voté en 2021[1]. Fin mars, le Parlement Européen est ainsi revenu sur ces objectifs environnementaux pour permettre à l’Union de produire plus, en autorisant à nouveau « temporairement » la mise en culture des jachères, en particulier pour privilégier les protéagineux[2]

De nombreuses organisations se sont mobilisées ces dernières semaines pour que les leçons soient tirées et que l’Europe engage enfin sa transition alimentaire, dénonçant les risques d’un retour en arrière.
Le 9 mars, l’IDDRI alertait déjà sur les conséquences d’une revue à la baisse des objectifs du Pacte Vert[3]. « Une telle approche se révélerait contre-productive à bien des égards. Au contraire, c’est bien une logique systémique, telle que portée par la F2F, qui permettra de répondre aux enjeux soulevés par cette crise et de renforcer progressivement la contribution de l’UE aux équilibres alimentaires mondiaux » pouvait-on y lire.
Dans une lettre ouverte, les acteurs de la bio réunis sous La Maison de la Bio en France et le BöLW en Allemagne appelait aussi les institutions européennes à renforcer les engagements de “Farm to Fork”, afin de consolider l’autonomie stratégique de l’UE et de répondre aux défis de la crise écologique[4]. « Il ne s’agit donc pas de produire plus mais de produire autrement ».
Le 18 mars, plus de 500 scientifiques signaient une tribune appelant à une action sur la demande face à la crise alimentaire[5] : « Nous avons besoin d’une transformation du système alimentaire – face à la guerre en Ukraine, maintenant plus que jamais ». Dans cette tribune, les signataires proposent 3 leviers pour faire face à la crise sur le système alimentaire à court terme, tout en assurant la santé humaine et le développement durable à long terme :

  • Accélérer la transition vers des régimes alimentaires plus sains avec moins de produits d’origine animale en Europe (et dans d’autres pays à revenu élevé).
  • Augmenter la production de légumineuses et renforcer la stratégie « de la fourche à la fourchette ».
  • Réduire la quantité de déchets alimentaires.

Vouloir faire de l’Europe, une terre productiviste pour sauver du risque de crises alimentaires en Afrique n’est pas la solution. Ni pour l’Europe qui perdra sur le plan écologique et en biodiversité, ni pour l’Afrique qui regorge d’autres ressources locales pour se nourrir et qui a tout a gagné pour son autonomie[6].

La bio plus résiliente ?

Si la réalité confirme aujourd’hui la hausse des charges pour toutes les entreprises, l’impact direct sur les filières est encore flou.

Depuis le début de la guerre, le blé conventionnel a atteint – et dépassé 400€/t, des prix jamais connus sur les marchés. Il oscille fin mars entre 360 et 390€/t, fortement dépendant des cours mondiaux et de la spéculation.
Pour le blé meunier bio, dont le cours est déconnecté du marché, le prix à la tonne reste

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Vue générale sur l'espace bio - ©Ingrébio

CFIA 2022 : les ingrédients bio se démarquent

 

Pour ses 25 ans, le CFIA a retrouvé ses dates traditionnelles en mars à Rennes, et son public de professionnels de l’agro-alimentaire nombreux.
Nous nous intéressons particulièrement au Hall « Ingrédients & PAI » de notre côté, même si nous n’oublions pas que le CFIA rassemble aussi plus de 1600 exposants sur les activités d’emballages, de procédés et d’hygiène.
Si nous avons pu suivre depuis notre première visite en 2012, l’évolution de l’offre bio dans les ingrédients exposés sur ce salon, nous ne pouvons que nous féliciter de voir, 10 ans après, la création d’un véritable Espace Bio matérialisé, de plusieurs Tours Innovation Bio, et la participation d’Ingrébio à la matinée de conférences sur les « ingrédients bons pour la santé et la planète ».
De nouvelles opportunités qui nous l’espérons auront encore plus facilité le parcours des visiteurs en quête de solutions et d’ingrédients innovants pour leurs produits biologiques.

Dans ce compte-rendu, nous revenons donc sur 3 jours denses de visite au cœur du Hall « Ingrédients & PAI », avec notre analyse de tous les ingrédients biologiques qu’il ne fallait pas rater pour innover.

 

Des ingrédients bio engagés à 360°

Bio + commerce équitable, engagements RSE, filières intégrées, lutte contre le gaspillage, préservation de la biodiversité, etc… Nombreux sont les acteurs de la bio qui exploitent tous les leviers possibles pour réduire leur impact sur l’environnement et améliorer les conditions sociales des producteurs partout dans le monde. C’est cet engagement à 360° qui réunissait les 13 exposants de l’Espace Bio : FRDP, Senfas, UFAB, Actibio, Keramis, Rouages, Biolintec, Agro Sourcing, Tradin Organic, Le Coq Noir, Herbier du Diois, Minoterie Suire et Arcadie…

Spécialiste des ingrédients biologiques,

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boisson végétale avec allegation calcium -Lithothamne est interdit dans Boissons végétales

La fin du lithothamne dans les boissons végétales biologiques

 

Le lithothamne (Lithothamnium calcareum) est classiquement utilisé dans les boissons végétales pour les enrichir en calcium, dont elles sont souvent déficientes par rapport au lait. Ce ne sera plus possible à partir de cette année.

Fin avril 2021, la Cour de Justice de l’Union Européenne rendait son jugement en statuant le fait que la réglementation européenne interdisait l’utilisation de l’algue Lithothamnium calcareum comme ingrédient d’origine agricole non biologique aux seules fins de l’enrichissement en calcium de denrées alimentaires biologiques telles que les boissons végétales.

Depuis le 1er janvier, l’INAO recommande l’arrêt de la certification bio des produits concernés. Cette mesure s’applique

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Conférence de Gaëlle Frémont d' Ingrébio au CFIA 2022. Capture d'écran MyCFIA - Ingrébio CFIA

Le développement des ingrédients bio pour répondre aux enjeux selon Gaëlle Frémont

« Cap sur des produits bons pour la santé et la planète ! », tel était le thème de la matinée dédiée à l’alimentation durable et aux ingrédients alimentaires lors du salon CFIA de Rennes le 8 mars 2022. Une session de conférences lors de laquelle nous avons eu l’opportunité de parler de l’offre en ingrédients biologiques et son évolution.

Pour moi (Gaëlle Frémont, fondatrice d’Ingrébio), cela a été aussi l’occasion de partager des messages forts :

L’agriculture biologique, qui a amorcé le virage de la transition agricole et alimentaire il y a 50 ans, prend tout son sens aujourd’hui face à l’urgence climatique. Elle est la seule voie alternative encadrée par un règlement strict qui apporte des garanties de qualité pour la santé et pour la planète aux consommateurs. Il est même nécessaire d’aller au-delà pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux auxquels nous faisons face.

Conférence Ingrébio "Ingrédients et PAI Bio : 5 tendances à retenir". Ingrébio CFIA

Conférence Ingrébio « Ingrédients et PAI Bio : 5 tendances à retenir » au CFIA. – ©Ingrébio

Parmi les 5 tendances présentées :

  • L’offre en ingrédients biologiques s’est clairement développée pour être aussi fonctionnelle et pratique que les solutions conventionnelles. On gagne en performance (conservation, texture, goût…) pour développer les produits biologiques bons et pratiques.
  • L’engagement des fournisseurs d’ingrédients dans les filières porte ses fruits et permet de limiter l’impact des crises successives. La transparence sur l’origine des matières premières est un véritable levier de confiance -et de marketing- pour les transformateurs bio, quelle que soit l’origine…
  • Un des nouveaux axes de progrès pour tous les acteurs de la filière bio est la biodiversité : on l’observe par le redéploiement de filières de variétés anciennes (de blé, de tomate…), mais aussi par les engagements des entreprises à intégrer cet indicateur dans leurs démarches RSE.
  • La lutte contre le gaspillage a permis de rendre la valorisation des co-produits « valorisable ». Les acteurs engagés dans ce travail relèvent deux défis : la récupération des viviers de co-produits et d’écarts de tris et la recherche de débouchés à haute valeur ajoutée.
  • Je mesure l’engagement des acteurs sur la bio par leurs actions à 360° et leur recherche perpétuelle de solutions pour aller toujours plus loin dans la proposition d’ingrédients sains et durables pour tous, en explorant tous les leviers que sont le commerce équitable, la biodiversité, l’anti-gaspillage, le bien-être animal, la préservation des forêts…

Retrouvez l’intégralité de mon intervention en replay :


bonbons bio en vrac

Confiseries Bio : une petite catégorie en pleine mutation

 

Le rayon des confiseries bio n’est pas le plus développé, et est encore majoritairement couvert par une offre historique (réglisse, miel, anis, oursons…) somme toute assez basique. Et pourtant comme tous les secteurs alimentaires, cette catégorie est au centre des attentes en matière de durabilité, de santé, de naturalité… et de plaisir. Car si toutes les études montrent que le plaisir reste le moteur principal de l’alimentation aujourd’hui, les préoccupations ‘Santé’ (santé de la population et santé de la planète) se partagent le Top 2 des enjeux globaux pour les consommateurs[1].

Début février, le salon ISM (salon international de la Confiserie et du Snacking) qui se tenait à Cologne (Allemagne) dressait ses conclusions : les entreprises exposantes ont surtout présenté des produits sains, naturels et durables. Formulation vegan, impact nutritionnel, emballages recyclés voire comestibles, les nouveaux produits ont largement tenu compte des attentes des consommateurs, selon les organisateurs.

Les chiffres de l’industrie de la confiserie montrent aussi des avancées. En Allemagne, 77% du cacao utilisé dans les confiseries en 2020 proviendrait de culture durable, contre 39% en 2015[2]. Des efforts qui sont mesurés également pour l’huile de palme : 94% de l’huile de palme utilisée dans les confiseries allemandes en 2019 provenait de systèmes durables certifiés[3].

La confiserie biologique ne représente encore que peu aujourd’hui (3,5% du marché en GMS en 2020[4]), et pourtant elle compte de plus en plus. Catégorie qui n’échappe pas à la crise, on note l’effet « achat compulsif » dans les derniers chiffres de ventes en GMS : les confiseries bio de chocolat ont par exemple connu des ventes « yo-yo » sur le dernier semestre 2021 mais gagnent, malgré tout, plus de 23% de chiffre d’affaires en 1 an, à fin novembre[5].

Selon Innova Market Insights, la France serait actuellement le leader européen de la confiserie biologique avec des ventes de 1,4 milliards €. L’analyste note aussi que, depuis plusieurs années, l’Europe est un moteur dans le domaine des snacks et des confiseries bio : 71 % des lancements mondiaux sur le segment des bonbons biologiques ont lieu en Europe[6].

 

De notre côté, nous avons analysé quelques 180 produits de confiseries biologiques européens, disponibles sur le marché français ou via internet. En plus de l’évolution en termes d’emballage et de valorisation de la fabrication française, nous remarquons une évolution marquée des formulations…

 

Le secteur Confiseries bio : entre tradition et innovation

Le rayon confiserie bio est diversifié mais la moitié de l’offre est constituée de bonbons gélifiés et de sucres cuits. Il reste aussi relativement conventionnel surfant autour des réglisses, caramels et autres boules de gommes… Les vraies innovations en confiserie, c’est-à-dire des bonbons inédits, nous viennent de start-ups souvent étrangères.

Notre panel s’est limité aux confiseries de sucre, telles que

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Agronome Tradin Organic

Tradin, pionnier de l’importation bio en Europe, mais pas que…

 

Depuis la fin des années 90, le fournisseur Tradin Organic Agriculture est présent sur le marché français. L’entreprise néerlandaise produit et importe plus de 220 références de matières premières et ingrédients biologiques, grâce à un bureau commercial, basé en région PACA. Dans un contexte chahuté, nous avons voulu savoir comment un importateur de matières premières bio historique percevait l’évolution du marché français…
 
jean-marc Pindat

Entretien avec Jean-Marc Pindat, Responsable des ventes France pour Tradin Organic Agriculture.

 

 

S’unir dans la bio pour regagner la confiance des consommateurs

Le marché bio français a beaucoup évolué en 30 ans. Début des années 2005, il ne représentait que 1,57 millions d’€. Il atteignait 12,67 milliards € en 2020. « Si nous avons connu plusieurs années avec des taux de croissance à 2 chiffres, nous sentons un ralentissement depuis ces dernières années, avec un fort effet Covid depuis 2020 », commente Jean-Marc Pindat, qui représente Tradin Organic Agriculture depuis 12 ans en France. Le fournisseur envisage une année 2022 complexe. Les repères des consommateurs, qui sont de plus en plus enclins à consommer durable, sont aussi de plus en plus biaisés par des discours ambivalents… « Je trouve qu’il y a énormément de confusion sur le marché », regrette-t-il. En plus des démarches nationales concurrentes (‘sans pesticides’, HVE…), Jean-Marc s’inquiète de positions mieux-disantes d’acteurs bio, qui « en voulant sortir du lot, indirectement contribuent à dévaloriser le label bio et toute la filière. Le mieux est l’ennemi du bien », appuie-t-il. Et il est vrai que les débats sont nombreux à l’intérieur même de la filière : local vs importé, GMS vs MSB, produits bruts vs ultra-transformation… « Le marché bio est encadré par une réglementation. Je pense qu’il faut faire confiance au logo et aux certificats. Pour regagner la confiance des consommateurs (ou ne pas la perdre), la filière bio doit s’unir d’une seule et même voix pour vanter tous ses avantages ».
C’est en ce sens que Tradin Organic Agriculture s’investit dans l’association européenne OPTA[1], dont le but est de représenter au niveau de la Commission Européenne les transformateurs bio et de peser sur les questions relatives à la transformation bio.

Stand Tradin

Stand Tradin Organic au salon CFIA 2021

Être acteur européen en France

Tradin Organic Agriculture est un acteur international, engagé dans des standards RSE européens et mondiaux. Face aux attentes spécifiques des clients français, et à la multitude des labels nationaux (les labels équitables par exemple), il n’est pas toujours simple d’être un acteur ‘étranger’. « La difficulté est de devoir faire le grand écart entre les démarches locales et internationales. Nous manquons de standards homogénéisés sur les critères sociaux, notamment », explique Jean-Marc. Tradin est par exemple investi dans des certifications européennes telles que KRAV, SMETA ou plus récemment le label RSE WeCare[2], qui sont méconnus en France. « Nous devons faire preuve de pédagogie pour expliquer à nos clients en quoi ces labels sont au moins aussi bien que les labels français ».

 

Bio importé ou bio local

La nécessaire transition alimentaire a amené les consommateurs à tout attendre du local, sous-entendu de proximité. « A notre niveau, cela se ressent par une demande ‘concentrique’ des acheteurs : ils veulent d’abord de l’origine France, puis Europe, et enfin monde quand il n’y a pas le choix… tout ceci bien entendu aves des contraintes prix fortes… », constate Jean-Marc. En tant que producteur-importateur, Tradin Organic Agriculture défend cependant la définition du local portée par les acteurs du commerce équitable notamment, selon laquelle « relocaliser serait plutôt redonner un lieu/une origine à ce que l’on mange »[3]. « Nous avons été un pionnier dans la création de filières biologiques responsables à l’international », précise Jean-Marc, « aujourd’hui, 40% des matières premières que nous fournissons proviennent de filières propres, récoltées et transformées sur place ».
Grâce à son équipe d’agronomes présents sur les bassins de production aux 4 coins du monde, Tradin Organic Agriculture structure des filières de la mise en place des cultures ou des partenariats agricoles à la construction de site de transformation in situ. « Nous accompagnons les équipes locales en vue de la certification, mais aussi pour améliorer leur niveau de vie et leur niveau de connaissances ». Pour Tradin, c’est aussi un engagement durable pour offrir sur le long terme un haut niveau de qualité à ses clients.

Usine de transformation en Éthiopie

Reconnu comme leader sur cette catégorie de marché bio, Tradin Organic Agriculture a peu d’équivalent en France, avec une diversité de produits aussi large. Depuis 1985, l’entreprise pionnière a monté plus de 30 filières intégrées dont certaines sont devenues indépendantes depuis. Actuellement 18 sont encore gérées par Tradin.
En Europe, Tradin Organic Agriculture est actif dans le secteur des huiles (avec son huilerie en Bulgarie) et dans les (petits) fruits (avec son site partenaire de surgélation en Serbie depuis plus de 20 ans).
Tradin craint aujourd’hui pour ses partenaires en Ukraine. « Nous avons développé des liens avec des producteurs de fraise et framboise Ukrainiens depuis 4 ans. On espère qu’ils sont sains et saufs et qu’ils vont pouvoir continuer leurs projets d’agriculture bio sereinement », souligne Jean-Marc.

Ces filières agrumes au Mexique ou fruits tropicaux (et coco) aux Philippines font leurs preuves aussi depuis une 15aine d’années, tant sur le plan environnemental que social. En Afrique, Tradin travaille le cacao bien sûr, avec son projet phare au Sierra Leone[4], mais propose aussi de belles filières au Burkina Faso (mangue séchée), en Tanzanie (miel, chia…) ou encore en Éthiopie avec le sésame et sa plus récente huilerie pour l’avocat. Et de nombreux projets sont encore en cours de structuration…

 

 

Tradin Organic Agriculture sera présent au salon CFIA à Rennes : stand 4-D16.

 

Retrouvez la GAMME D’INGRÉDIENTS De Tradin Organic dans l’Annuaire INGREBIO.

 


[1] L’Organic Processing and Trade Association Europe (OPTA) représente les principales entreprises de transformation et de commerce de produits biologiques basées dans l’UE.
[2] V. We Care : une nouvelle norme de durabilité pour l’industrie alimentaire, Ingrébio, 09/03/2021
[3] Citation de François Collart Dutilleul, chercheur émérite en droit spécialiste du droit de l’alimentation et de la sécurité alimentaire, lors des Assises du Commerce Équitable 2021. Lire le compte-rendu.
[4] Tradin Organic partage ses résultats et ses engagements pour un sourcing bio durable, Ingrébio, 22/12/2021


grandes culture bio

Grandes cultures biologiques : panorama de la production européenne

 

Fin 2021, une étude sur les Grandes Cultures Biologiques en Union Européenne et dans les principaux pays tiers a été publiée par l’Agence Bio, Terres Univia et Intercéréales. Cette étude réalisée par Ecozept et AND-I présente les chiffres détaillés de la production 2018/2019 pour les cultures de céréales, d’oléagineux et de protéagineux. Elle met en perspective la production française dans son contexte européen, mais aussi vis à vis de la Chine, des États-Unis, de la Russie, de l’Ukraine, de l’Inde, ou du Togo, selon les espèces.

 

La France, troisième producteur européen de grandes cultures

Selon l’étude, la production de céréales et grains biologiques au sein des 11 pays européens étudiés s’élevait à 4,72 millions de tonnes en 2019. Avec sa production de 678 700 tonnes toutes cultures confondues, la France se situe au 3è rang des pays producteurs après l’Italie et l’Allemagne. Elle se démarque notamment avec sa production de blé tendre, de maïs, de triticale, de tournesol et de soja.

Elle se situe également en 3è place des pays utilisateurs de ces graines à hauteur de 820 200 tonnes en 2019.

 

L’UE importatrice de céréales et graines oléagineuses

Grâce à l’outil TRACES, les importations de céréales et oléo-protéagineux biologiques dans l’UE ont également été étudiées. Les analystes notent une forte diminution (-54%) des importations européennes pour les principales céréales (blé tendre, orge, avoine et maïs) : de plus de 387 000 tonnes en 2018 à 177 000 tonnes en 2020. Le maïs reste la principale céréale importée avec plus de 88 800 tonnes.

Les principaux fournisseurs de céréales biologiques de l’Union Européenne sont l’Ukraine (blé tendre et maïs) et dans une moindre mesure la Turquie (maïs, blé dur), représentant plus des deux tiers des volumes de céréales.

Pour les oléagineux, c’est également le cas dans une moindre mesure (-13%) : les importations sont de plus de 451 000 tonnes (équivalent grains) en 2020. La principale espèce importée reste le soja qui a vu ses importations de grains augmenter et de tourteaux fluctuer. A noter que la France est le premier importateur de soja (grains) de l’UE avec 51 672 tonnes en 2020, mais aussi de colza (6344 T).

Parmi les huit pays fournisseurs de grains d’oléagineux biologiques à destination de l’Union Européenne, les principaux pays sont le Togo et l’Ukraine, représentant à eux deux plus de la moitié des volumes en 2020. La Chine et l’Inde sont eux principaux pourvoyeurs de tourteaux.

 

Pour en savoir plus : consulter la synthèse de l’étude.

 


fournisseurs bio sur Espace Bio au CFIA Rennes 2022

Un Espace Bio dédié aux ingrédients bio au CFIA Rennes 2022

 

En 2020, la France a dépassé les 19 000 transformateurs bio. Avec 28 % des transformateurs bio recensés dans l’UE, elle était déjà à la première place pour la transformation de denrées alimentaires bio en 2019, devant l’Allemagne[1].
Avec plus de 13 milliards € de chiffre d’affaires et près de 2,5 millions d’hectares cultivés en bio, la France se positionne en 2ème position des pays européens les plus bio.

Le dynamisme du secteur agroalimentaire se confirme donc avec plus de 4000 nouveaux produits bio lancés chaque année.
Pour y répondre, le secteur des ingrédients étoffe son offre depuis plusieurs années. Plus de diversité, plus de fonctionnalités dans les déclinaisons des ingrédients. Mais aussi de plus en plus d’innovations.
Le salon CFIA (Carrefour des fournisseurs de l’industrie agroalimentaire) de Rennes proposera cette année plus de visibilité à cette offre grâce à son nouvel Espace Bio.

 

L’Espace Bio regroupera une offre d’ingrédients 100% Bio

Une quinzaine de fournisseurs bio se regroupent sur 115 m2 du Hall 4 dédié aux Ingrédients & PAI du CFIA Rennes 2022, pour faciliter le Parcours Bio des visiteurs. Ils reflèteront avec leur offre 100% bio, les tendances d’évolution du secteur bio.

La certification biologique garantit un socle minimal de pratiques de production et de transformation plus respectueuses de la nature, de l’animal et de l’homme. Mais face aux enjeux environnementaux et sociétaux, cette certification ne va pas assez loin. C’est pourquoi de nombreux acteurs, dont ceux qui seront présents sur l’Espace Bio, vont plus loin dans leurs pratiques : ils s’engagent dans la RSE, relocalisent les filières de production, valorisent des coproduits, mettent en place des politiques d’achats responsables, appliquent les principes du Commerce Équitable, s’engagent pour la biodiversité…

Nous trouverons donc sur cet Espace Bio une diversité de matières premières et d’ingrédients biologiques, équitables, durables, aux origines tracées, des plus bruts aux plus élaborés… Car ces fournisseurs engagés ne perdent pas de vue non plus les attentes fonctionnelles des industries agroalimentaires.

Retrouvez également Ingrébio : stand 4-D9.

 

Les Innovations à découvrir sur l’Espace Bio au CFIA Rennes 2022

 

SENFAS (stand 4-D2) rentre de nouvelles gammes ‘Origine France’ en 2022, qui seront présentées au CFIA. En effet, l’entreprise gardoise souhaite favoriser les filières locales, c’est pourquoi nous pourrons retrouver dans son catalogue de cette année de nouveaux produits biologiques, issus de filières Françaises :
– des Gratons (pour les fougasses, ficelles, pâtes à pain ou pâtes feuilletées)
– des Beurres (en motte ou en plaque – spécial feuilletage et texturé)
– des Graines (de chanvre, de courge boulangère, de lin brun, de lin doré, de sarrasin et de tournesol)
– des Flocons d’Avoine (fins et gros).

 

Pour sa première participation au CFIA, Agro Sourcing (stand 4-C1bis) mettra en avant son sirop de dattes de Tunisie. Cette alternative sucrante est gouteuse, saine et très intéressante nutritionnellement par rapport au sucre raffiné. De plus, c’est un produit élaboré à partir des écarts de tris, ce qui aide à valoriser l’intégralité des productions fruitières des producteurs partenaires d’Agro Sourcing. Une innovation qui a donc toutes ses chances aux Trophées de l’Innovation 2022.

 

Pour poursuivre son développement et répondre à la demande en légumes et fruits surgelés biologiques, FRDP (stand 4-D5) démarre en 2022 sa nouvelle usine à Blaringhem dans les Hauts de France. L’objectif avec cette installation à proximité des cultures de légumes verts est de surgeler un maximum de légumes bio français.

 

L’UFAB (stand 4-D4) collecte et transforme des légumineuses biologiques en France pour proposer une offre d’ingrédients fonctionnels nouveaux. Aux amidons et protéines de pois et de fèverole, viennent s’ajouter des ingrédients texturés. 2 nouveaux mélanges de protéines texturées seront présentés au CFIA :
– 70% Pois / 30% Féverole : le pois apporte une neutralité du goût, l’ajout de féverole raffermit la mâche.
– 70% Féverole / 30% Pois : la féverole garantit une mâche élevée, l’apport de pois adoucit le goût.
Les protéines texturées sont produites de manière 100% mécanique à partir de pois et de féverole françaises.

 

Rouages (stand 4-D8) place au cœur de ses innovations le sourcing local. Ces dernières nouveautés vont encore plus loin puisqu’elles misent sur la valorisation de coproduits. La nouvelle gamme d’infusions d’agrumes biologiques est élaborée à partir de zestes ou de pulpes, grâce à un partenariat avec un producteur corse de jus. Et Rouages lancera aussi une infusion intense de cacao à base d’écorces de fèves de cacao bio, coproduit de la torréfaction du cacao.

 

Connu pour ses huiles végétales et ses protéines texturées de soja biologiques, Biolintec (stand 4-D10) annonce sa nouvelle certification FSSC22000 depuis décembre 2021.

 

Actibio (stand 4-D6) propose quelques 1 500 références d’ingrédients secs : légumineuses, épices, céréales, fruits secs et fruits à coque… Et côté service, Actibio s’est doté d’une nouvelle ensacheuse. L’occasion de laisser de côté le plastique pour passer au kraft ! L’ensacheuse reconditionne en sacs papier de 5 à 25 KG, sur une sélection d’ingrédients bio.

 

Engagés depuis plusieurs années dans une démarche d’achats responsables pour ses ingrédients et matières premières biologiques, Keramis (stand 4-C5) vient d’obtenir la certification Commerce Équitable Fair For Life. Et côté ingrédients, on pourra trouver une nouvelle offre de pignons de pins de Sibérie.

 

Tradin Organic (stand 4-D16) partagera également son engagement dans ses filières bio, en particulier sa filière cacao pour laquelle elle vient de publier son rapport de durabilité 2021. De nouveaux investissements sur son site de production en Bulgarie permettent aussi d’améliorer la qualité de ses huiles de tournesol bio.

 

Parmi ses innovations culinaires,

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Face à d'autres méthodes, les consommateurs préfèrent largement le Planet-score

Affichage Environnemental : les enseignements des expérimentations terrain et du Conseil Scientifique

 

Dans le cadre de la loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire et à l’économie circulaire (loi AGEC 2020), puis de la loi Climat et résilience (2021), le Ministère de la Transition Écologique et l’Ademe ont lancé depuis 2020 une Expérimentation sur les systèmes d’affichage environnemental pour les produits alimentaires.
Une vingtaine de projets ont été proposés par des acteurs publiques et privés[1], parmi lesquels le Planet-score portés par les professionnels de la Bio[2] ou encore l’Eco-score déployé par les applications digitales de la Food[3]. Ces projets ont été évalués fin 2021 par le Conseil Scientifique (CS) de l’Expérimentation. Ce CS regroupe des membres appartenant à des organismes de recherche publique et de domaines de compétences variés : sciences agronomiques et environnementales, génie industriel et des procédés alimentaires, sciences des organisations, économie de la consommation, marketing social, épidémiologie et évaluation des politiques publiques.

Les travaux du CS ont porté sur six questions : Quels enjeux environnementaux prendre en compte ? Quels objectifs viser ? Quelles données utiliser, pour quelles modalités d’usage ? Quelles méthodes privilégier pour l’évaluation des impacts environnementaux ? Quels scores environnementaux choisir pour l’affichage ? Quels formats d’affichage proposer ?
Les bases scientifiques des différents systèmes ont été évaluées, ainsi que leurs impacts qualitatifs et quantitatifs sur les consommateurs.
Le rapport final du Conseil Scientifique a été publié le 04 janvier dernier sur le site de l’ADEME. Que faut-il en retenir ?

 

Les propositions du Conseil Scientifique aux Pouvoirs Publics

Dans ses conclusions, Le Conseil Scientifique (CS) « considère qu’il est possible de concevoir et de mettre en place un système d’affichage environnemental, qui réponde aux attentes exprimées par le législateur ». Mais il laisse les pouvoirs publics (et donc le Comité de pilotage interministériel) arbitrer sur différents éléments qui caractériseront le futur système d’affichage (comme le choix des pondérations, l’origine et la qualité des données ou le format d’affichage). Huit préconisations principales sont émises à l’issue de ce rapport. Elles concernent la qualité des informations à apporter aux consommateurs devant leur permettre de comparer les produits au sein d’une même catégorie et entre catégories d’aliments. Elles concernent aussi les limites avérées de la méthodologie ACV (Analyse du Cycle de Vie) – qui doit rester la base – mais qui doit être corrigée pour améliorer la prise en compte d’enjeux liés au stockage du carbone dans les sols, à la biodiversité de la parcelle et aux éléments de toxicité. Le CS note la nécessité de règles acceptées collectivement pour garantir la qualité et la cohérence des informations fournies, du fait de l’utilisation conjointe de données publiques et privées. Et il souligne le gros travail encore nécessaire pour qu’Agribalyse soit reconnue et déployée auprès de tous les acteurs.
Enfin, concernant l’affichage environnemental lui-même, le CS préconise un format « interprétatif, synthétique et coloriel », complété par des informations analytiques sur les différents impacts environnementaux. Il considère que l’échelle à 5 niveaux n’est pas suffisante et doit être complétée pour faciliter le choix des consommateurs au sein des catégories d’aliments. Cette échelle à 5 niveaux peut être complétée par une valeur numérique, qui exprime le score environnemental agrégé sur une échelle de 0 à 100, ou bien par une décomposition du score agrégé en sous-scores pour chaque enjeu environnemental (climat, biodiversité…) … tout en tenant compte de la taille des emballages bien sûr !

 

Le Planet-score répond-t-il aux attentes des consommateurs ?

Fournir une information claire et complète aux consommateurs, c’est ce que se targue de faire le collectif du Planet-score. Ce système d’affichage plébiscité par les acteurs bio, car il prend en compte toutes les externalités positives des systèmes bio, a été adopté par plus de 70 enseignes et fabricants en l’espace de 6 mois. Cela représente plus de 3000 produits qui ont été notés, depuis les fruits et légumes jusqu’aux steaks en passant par les produits transformés comme des pizzas ou des crèmes glacées. Techniquement, il répond déjà à plusieurs recommandations du Conseil Scientifique. Et dans le même temps, le collectif a pu travailler sur la perception et la compréhension consommateur de l’étiquetage, comme le préconise le CS.

Le mode d'élevage et les pesticides sont 2 paramètres les plus attendus par les consommateursDans une étude consommateurs réalisée mi-2021, sur un panel de 1000 personnes représentatives de la population française âgée de plus de 18 ans, parmi cinq formats proposés, le Planet-score avait déjà été très largement préféré : 48%, contre 18% pour le second, et 8% pour le dernier.

Plus de 10.000 citoyens ont à nouveau été consultés fin 2021, et ont massivement répondu en faveur de cette étiquette détaillée par rapport à l’alternative composée d’une note seule, qui est jugé opaque, non compréhensible, et qui provoque de la défiance. L’étude menée par UFC-Que Choisir confirme également ce même résultat[4].

Les études menées sur le panel représentatif de 1000 personnes montrent que les citoyens sont particulièrement attachés à l’affichage de l’indication du mode d’élevage, et de l’usage des pesticides. C’est également ce qui ressort de l’étude menée par Carrefour en décembre dernier, qui dresse un « bilan mitigé du test de l’Eco-score »[5]. Confrontés à cette étiquette qui affiche une note seule, les clients de Carrefour ont déclaré vouloir en plus l’affichage du mode d’élevage et des pesticides. C’est précisément l’information que fournit le Planet-score. Avec deux mentions supplémentaires importantes : la biodiversité et le climat.

 

Un outil d’amélioration au service des entreprises agroalimentaires

Les premières entreprises engagées dans cette nouvelle démarche se félicitent ou tirent des enseignements de leurs résultats Planet-score. A l’instar de l’entreprise Triballat-Noyal, elles mesurent ainsi l’impact de chaque ingrédient dans leur produit. Certaines ont pu être surprises de l’impact élevé de certains ingrédients secondaires, comme le sucre par exemple. « Le Planet-score permet de se questionner sur l’approvisionnement de ces ingrédients, sur lesquels il a révélé des marges de progrès importantes » témoigne Solenn Douard, directrice générale de Triballat-Noyal. « L’équipe du Planet-score a partagé avec nos équipes à la fois les résultats, mais également les déterminants de ces résultats, ce qui a permis d’identifier des axes très concrets d’amélioration, et de prévoir l’évolution de nos scores si nous allons dans cette direction ».

Cette nouvelle approche sera sans nul doute riche pour les entreprises qui s’en accapareront car elle leur permet de comprendre et de s’approprier l’impact environnemental de leurs produits, au même titre qu’un Nutriscore en formulation.

 

Pour aller plus loin :

Lire le Rapport final du Conseil scientifique sur l’Affichage environnemental des produits alimentaires.

 


[1] Produits bio et affichage environnemental : quels besoins ? quelles attentes ?, Ingrébio, 29/04/2021
[2] L’ITAB prend en compte la biodiversité dans sa proposition d’affichage environnemental : le Planet-Score, Ingrébio, 09/07/2021
[3] Un éco-score controversé lancé par dix acteurs du numérique, Ingrébio, 21/01/2021
[4] Futur affichage environnemental : 27 fabricants et 8 enseignes testent le Planet-score, modèle plébiscité par les consommateurs, Que Choisir, 28/10/2021
[5] Eco-score : les clients de Carrefour mitigés, Linéaires, 30/11/2021


Cubes moelleux de banane séchée bio et équitable - ©Agro Sourcing

Agro Sourcing s’engage auprès de ses producteurs de bananes bio

 

Depuis 2004, année de sa création, Agro Sourcing a à cœur de construire des filières durables en nouant de véritables partenariats avec ses producteurs. Cela se traduit par des engagements forts et concrets : un prix juste payé à ses producteurs, des contrats pluriannuels, des préfinancements de récoltes, un accompagnement technique et financier quotidien… Un engagement dans la durée qui permet au fournisseur français de garantir des fruits secs de grande qualité grâce à une amélioration continue des process, et de développer avec ses producteurs des solutions pour utiliser l’ensemble de leur production.

Entretien avec Philippe Sendral, fondateur et dirigeant d’Agro Sourcing

 

La filière bananes d’Équateur comme exemple de filière durable

Bananes bio sur l'arbre. Agro Sourcing

Bananes bio. ©Agro Sourcing

« Notre filière de bananes séchées en Équateur en est un bel exemple », nous explique Philippe Sendral.
La culture de la banane est confrontée à de multiples dérives environnementales (déforestation, utilisation de pesticides, monoculture qui épuise les sols…) et fait face à de nombreux défis sociaux : des conditions de travail précaires, des salaires très bas et une couverture sociale et médicale limitée.
« Chez Agro Sourcing, nous avons démarré notre collaboration avec une 1ère plantation de bananes il y plus de 10 ans dans les plaines du Guayas, à l’Ouest de Guayaquil en Équateur, suivie d’une 2ème pour fournir l’ensemble de nos besoins depuis 2018. Ces deux plantations présentent l’avantage d’être éloignées des grandes plantations conventionnelles du sud de l’Équateur, réduisant le risque de contaminations croisées. Dans ces plantations sont cultivées la variété Cavendish que nous avons sélectionnée pour sa douceur et ses arômes intenses, aux notes aromatiques de caramel et de vanille une fois séchée », détaille Philippe Sendral.

 

L’impact positif de l’agriculture biologique et du Commerce Équitable

Aujourd’hui, Agro Sourcing fait ainsi vivre plus de 350 ouvriers et leur famille.
Cette filière est labellisée bio & équitable selon la certification Biopartenaire® depuis 2019. « Nous avons ainsi pu verser un fonds de développement de 6000$ sur la saison 2021 ». Pour les ouvriers, les bénéfices sont multiples :

  • Plantation Bio Agro Sourcing

    Plantation Bio – ©Agro Sourcing

    Impact économique : une rémunération plus juste (augmentation des salaires minimum de +15 à +20%), la garantie d’emplois stables pour les ouvriers des plantations, dans une région de chômage massif.

  • Impact social : gestion du fonds et des projets de développement par les ouvriers, prise en charge des soins médicaux, accès à l’école pour les enfants, distribution de matériel scolaire pour la scolarisation à distance des enfants, rénovation de maisons délabrées d’ouvriers
  • Impact environnemental : ni déforestation, ni pesticides pour une préservation de leur écosystème.

« Notre partenariat nous permet également de travailler avec notre producteur pour l’aider à valoriser l’ensemble de sa production et limiter le gaspillage de banane, problématique particulièrement marquante sur ce fruit », ajoute Philippe Sendral. En effet, dans les plantations conventionnelles, ce sont jusqu’à 12% des bananes qui sont écartées, avant même leur envoi en Europe, pour défaut d’apparence (marques, éraflures…), sans compter les fruits qui n’ont que quelques jours de durée de vie une fois en linéaire avant qu’elles brunissent et ne soient boudées de la distribution comme des consommateurs.
C’est pourquoi valoriser ce fruit, première victime du gaspillage, est un réel enjeu pour Agro Sourcing ! « Après un premier travail pour valoriser les bananes vertes en farine, nous continuons notre démarche en proposant un produit inédit : pratique, délicieux, sain et naturel, nos cubes de banane moelleux ont tout le potentiel de la banane, en format concentré ! » révèle Philippe Sendral pour annoncer le lancement de ces nouveaux cubes de banane bio et équitable.

 

Un produit unique en son genre : les cubes moelleux de banane séchée bio et équitable

Les nouveaux cubes de banane d’Agro Sourcing sont un concentré de saveurs et de bienfaits avec …un goût intense et fruité et une texture moelleuse.
Sains et naturels, car composés à 100% de banane, on y retrouve tous les bénéfices nutritionnels de la banane : riche en potassium, en fibres, source de magnésium, faible en matières grasses, facile à digérer… concentrés dans un petit cube ! (5 cubes de bananes moelleux équivalent à 1 banane !)

 

…et adapté aux usages industriels

  • Praticité de mise en œuvre : sa texture non collante convient aux utilisations industrielles
  • Plusieurs calibres au choix sont disponibles pour convenir à différents usages (inclusions…)
  • De multiples usages possibles : dans des granolas/céréales, en inclusions, en topping, en ingrédient…
  • Une conservation longue et à température ambiante pour une gestion facilitée

Agro Sourcing combine gourmandise et engagement durable avec cette nouvelle référence originale.

 

Retrouvez la GAMME D’INGRÉDIENTS DE Agro Sourcing dans l’Annuaire INGREBIO.

 



logo bio eurofeuille

Jour J pour le nouveau règlement bio : mémo à destination des transformateurs bio

 

On y est… c’est ce 1er janvier 2022 qu’entre en vigueur le nouveau Règlement bio. Reportée d’un an pour cause de Covid-19, cette mise en application était attendue par l’ensemble des filières bio.

Rappelons que ce projet de révision de la réglementation bio remonte à 2014 et qu’il avait pour objectifs premiers l’harmonisation des pratiques au sein de l’Union Européenne et la réassurance des consommateurs. Il permettra d’élargir les champs d’application de l’agriculture biologique, de moderniser les systèmes de contrôles et de changer les règles d’importations avec les Pays Tiers.

Le nouveau règlement bio est le Règlement (UE) n°2018/848. Ce règlement de base est complété par des actes secondaires qui détaillent ses 124 principes. Ensemble, ils se substituent au Règlement (CE) n°834/2007 et ses 2 règlements d’application (RCE n°889/2008 et RCE n°1235/2008). À ce jour, 19 actes secondaires ont déjà été publiés dont 13 règlements délégués et 6 règlements d’exécution. D’autres sont encore à venir… mais la majorité des évolutions qui concerneront les transformateurs sont connues.

Les nouvelles règles qui régissent la transformation bio sont définies dans le Règlement (UE) 2018/848 et les actes secondaires RUE 2020/464, 2021/279, 2021/642, 2021/716 et 2021/1165. Au jour de cette entrée en vigueur, voici un récapitulatif des évolutions à connaître pour les transformateurs de denrées alimentaires biologiques.

 

Le sel entre dans les champs d’application du nouveau règlement bio

Parmi les nouveaux produits entrant dans les champs d’application de la réglementation bio (Annexe I du RUE 2018/848), on trouve le sel (Sel marin et autres sels destinés à l’alimentation humaine et aux aliments pour animaux). Cela n’obligera pas à utiliser du sel bio dans les denrées alimentaires bio, mais cela signifie que le sel pourra être certifié bio. À ce jour, les règles de production pour le sel biologique ne sont pas encore établies. Elles devraient faire l’objet d’un acte secondaire début 2022.

Notons également que le sel n’étant pas considéré comme ingrédient d’origine agricole, il continuera à ne pas être comptabilisé dans le calcul des ingrédients biologiques.

 

Nouvelles mesures pour les ingrédients non bio

Une liste des ingrédients agricoles non bio autorisés raccourcie

L’actuelle annexe IX du Règlement (CE) n°889/2008 sera applicable jusqu’au 31/12/2023.

La liste des ingrédients agricoles non bio autorisés qui entrera en vigueur au 1er janvier 2024 est établie à l’annexe V partie B du Règlement (UE) 2021/1165. Cette nouvelle liste a été réduite à 7 substances : les algues arame et hijiki, l’écorce du Pau d’Arco, les boyaux, les gélatines (autres que porcine), les minéraux du lait et les poissons et autres animaux aquatiques sauvages.

 

Un nouvel encadrement pour les dérogations ingrédients non bio

Les demandes de dérogation pour l’utilisation temporaire d’ingrédients non bio sont gérées par l’INAO. Le nouveau règlement impacte surtout la durée d’autorisation : une dérogation sera valable 6 mois, renouvelable 2 fois (au lieu de 12 mois renouvelable 3 fois).

Mais la procédure évolue également avec le passage à une procédure collective : une demande de dérogation déposée sera valable pour tous les opérateurs. Une liste des ingrédients en cours d’autorisation est consultable sur le site de l’INAO.

Les demandes de dérogation peuvent dorénavant être déposées en ligne sur le site https://sve.derogationbio.inao.gouv.fr.

 

Le cas des arômes alimentaires

Les nouvelles règles qui régissent les arômes alimentaires sont connues depuis fin 2020[1].
Elles ont permis d’homogénéiser la définition d’un ‘arôme biologique’ au sein de l’UE.
À partir de maintenant, l’utilisation d’arômes alimentaires dans les produits bio est restreinte aux ‘arômes naturels de X’, qu’ils soient certifiés biologiques ou non. Les ‘arômes naturels de X avec autres arômes naturels’ et les ‘arômes naturels’ ne sont plus autorisés.
De plus, les ‘arômes naturels de X’ non bio ne pourront pas excéder 5% du poids des ingrédients agricoles du produit, puisque les arômes sont dorénavant considérés comme ingrédients d’origine agricole.

 

Deux procédés interdits pour la production bio

Le projet de liste des procédés de transformation autorisées en bio étant suspendu, les principes fondamentaux s’appliquent pour tous les procédés selon l’article 23.1 du RUE 2020/464. : respect des caractéristiques et des qualités biologiques des produits, restriction de l’utilisation des additifs aux besoins essentiels, …

Deux procédés rejoignent cependant l’ionisation, parmi les procédés clairement interdits en bio :

  • Les nanomatériaux: tout produit contenant des « nanomatériaux manufacturés[2] ou consistant en de tels nanomatériaux » ne pourra être certifié bio.
  • Les résines échangeuses d’ions et adsorbantes[3] seront interdites, sauf pour la production de moût concentré rectifié et pour les aliments pour bébés (préparations pour nourrissons, préparations de suite, préparations à base de céréales et denrées alimentaires pour bébés visées à l’article 1er, paragraphe 1, points a) et b), du règlement (UE) 609/2013) et produits définis par la directive 2006/125/CE.

 

Les évolutions en matière d’Étiquetage

Trois évolutions en matière d’étiquetage des denrées alimentaires bio qui s’appliquent dès ce 1er janvier :

  • Pour la mention de l’origine des ingrédients agricoles figurant sous le logo Eurofeuille, le seuil de 98% d’ingrédients agricoles issus d’un pays passe à 95% pour spécifier le pays au lieu de UE/non UE.
  • De plus, cette mention de l’origine des ingrédients agricoles pourra désormais faire référence à une région (exemple : Agriculture France-Occitanie)…
  • La référence à l’agriculture biologique ou l’usage de termes en lien avec celle-ci, qui seraient susceptibles d’induire le consommateur en erreur, devient également interdite dans les noms d’entreprise.

 

Rappelons enfin que si la majorité des nouvelles mesures s’appliquent dès ce 1er janvier 2022, les produits fabriqués avant cette date, conformément au règlement (CE) 834/2007, peuvent être commercialisés jusqu’à épuisement des stocks.

Les nouvelles règles d’importation, dont les accords vont être renégociés, n’entreront en vigueur qu’à compter de 2025[4].

Une liste est attendue également pour les produits de nettoyage et désinfection (annexe IV du RUE 2021/1165). Elle sera opérationnelle qu’à partir de 2024[5].

Enfin, l’INAO a publié fin décembre son Guide de lecture du nouveau Règlement bio (UE) 2018/848, un outil indispensable pour la compréhension du texte réglementaire.

 

Une question ? Besoin d’en savoir plus? Besoin de former vos équipes ?…  L’équipe Ingrébio peut vous aider, contactez-nous !

 


[1] Voir Quelles évolutions sur les arômes en bio ? : les explications de l’INAO, Ingrébio, 19/10/2020
[2] Voir définition : RUE 2015/2283 (Art. 3, §2.f)
[3] Voir Résines échangeuses d’ions : quelles alternatives pour les ingrédients bio ?, Ingrebio, 01/10/21
[4] Pour en savoir plus : Challenges et opportunités de la nouvelle réglementation bio pour les pays tiers, Ingrébio, 18/11/2021
[5] Pour en savoir plus : Produits de nettoyage et désinfection en bio : les changements de l’annexe VII à l’annexe IV, Ingrébio, 29/10/2021


Champ de tournesol en Bulgarie

Tradin Organic partage ses résultats et ses engagements pour un sourcing bio durable

 

Interview avec Peter Bos, Oils business manager, Tradin Organic.

 

Tradin Organic exposait lors du dernier salon FIE à Francfort. Une édition (trop) calme en fréquentation, mais « riche en échanges de qualité », selon Peter Bos, responsable commercial de l’activité Huiles. Pas très surprenant pour ce fournisseur européen spécialiste du sourcing bio depuis plus de 40 ans, qui avait de nombreux sujets d’intérêt à partager avec les visiteurs. Nouveau rapport ‘cacao durable’, nouvelle certification RSE, investissements sur les sites de production… ont fait l’actualité de cette année pour Tradin Organic.

 

Tradin Organic investit dans les filières durablement

Tradin investit dans les filières durablement – ©Tradin Organic

Tradin Organic certifié We Care

Tradin Organic est la première entreprise du secteur des ingrédients biologiques à être certifiée selon la nouvelle norme We Care. Initiée par le FiBL pour l’industrie alimentaire, cette norme écologique et sociale focalise en particulier sur la gestion responsable des chaînes d’approvisionnement[1]. Cette certification formalise les efforts d’amélioration continue de Tradin Organic dans la structuration de filières durables, ‘au-delà du bio’.

 

 

Tradin Organic partage son Rapport Cacao Durable

Par cette 2ème édition de son ‘sustainability report’ spécifique aux filières cacao, Tradin Organic illustre concrètement ces actions.

Rapport Cacao durable Tradin Organic.

Rapport Cacao durable Tradin Organic. ©Ingrébio

« Ce rapport montre les étapes importantes que nous avons réalisé au cours des années 2019/20, ainsi que les objectifs que nous nous sommes fixés pour 2021 », explique Peter Bos. Réduction de l’empreinte carbone, traçabilité et transparence, protection des enfants, agroforesterie…  « Nous sommes particulièrement investis au Sierra Leone depuis 2015. Le soutien apporté aux producteurs localement leur permet d’obtenir les certifications bio et commerce équitable, et plus récemment de certifier des projets ‘Regenerative Organic Certification (ROC) ».

Avec son site de transformation de cacao Crown of Holland, Tradin Organic ambitionne d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2025.

 

Investissements en Bulgarie pour la production d’huiles biologiques

La demande en ingrédients biologiques est forte en Europe, et notamment en huiles végétales. Les critères de qualité et de proximité le sont tout autant. « C’est pourquoi nous avons investi dans notre usine de production bulgare, spécialisée dans la transformation des graines de tournesol biologiques », justifie Peter Bos. Ce site a passé cette année avec succès l’audit social SMETA, garantissant de bonnes pratiques internes et d’éthique professionnelle. « L’agrandissement de l’usine nous permet de répondre à la demande, notamment des marchés français et belges, avec la meilleure qualité ». Situé à proximité de la production de graines de tournesol, l’approvisionnement se veut d’abord local. « Nous démarrons la saison avec les graines locales, puis pour compléter nous nous approvisionnons auprès de producteurs croates, grecs ou roumains. L’important est que nous entretenons le même type de relations durables avec tous les producteurs, avec le même soutien technique ».

Tradin propose un large choix de matières premières et d’ingrédients biologiques. « L’important pour nous, est de proposer des produits avec une histoire, mais pas seulement. Nous apportons aussi la preuve de nos actions au service des filières ».

 

Retrouvez la GAMME D’INGRÉDIENTS DE TRADIN ORGANIC dans l’Annuaire INGREBIO.

 

 


[1] We Care : une nouvelle norme de durabilité pour l’industrie alimentaire, Ingrébio, 09/03/21

 


Présentation d'Alexandra Farnos à Natexpo. ©Ingrébio

La structuration de filières : exemple des fruits et légumes bio en Espagne

 

La question de l’origine de nos matières premières biologiques est plus que jamais sur le devant de la scène. Avec des attentes fortes d’origine France émanant de toutes parts, le risque des dérives protectionnistes émerge également, avec ses non-sens inhérents. Une entreprise pyrénéenne a-t-elle intérêt à sourcer ses céréales en Hauts-de-France ou de l’autre côté de la frontière ?
Plus que la proximité géographique (ce qui ne sera jamais possible pour tout, de toutes façons…), la notion de relocalisation associée à la « connaissance du lieu d’origine » fait sens et commence à se répandre. Les acteurs du Commerce Équitable en parlaient lors de ses Assises[1] : savoir où et comment on s’approvisionne et pourquoi on le fait apporte les valeurs dont on a besoin pour rassurer le consommateur et accomplir sa démarche d’acheteur bio et RSE.
Pour cela, les transformateurs ont besoin d’outils pour les accompagner dans cette transition durable des modes de fonctionnement. La ‘structuration de filières’ en est un, mais encore faut-il savoir ce qu’on met derrière ces mots…

Alexandra Farnos travaille dans le milieu des fruits et légumes biologiques en Europe depuis plus de 20 ans. Elle structure des filières commerciales entre des clients européens et des producteurs espagnols, italiens ou français. Pour plus d’infos : https://www.alexandra-farnos.bio/

Pour nous éclairer concrètement sur ce sujet, nous avions invité Alexandra Farnos, spécialiste des filières fruits et légumes biologiques méditerranéens, à nous expliciter la structuration de filières bio avec l’Espagne, lors du Forum des Ingrédients Bio à Natexpo.
Quoi de mieux en effet que l’exemple de l’Espagne et de la vision qui est donnée au consommateur de ses cultures biologiques pour argumenter sur l’intérêt de structurer ses approvisionnements. Le témoignage de Marc Montluçon, directeur de l’entreprise FRDP, spécialiste des fruits et légumes bio surgelés, complétait cette expérience de terrain.

Retrouvez le replay de cette conférence à Natexpo.

Alexandra Farnos

Alexandra Farnos

 

A quoi sert de structurer une filière d’approvisionnement ?

Alexandra Farnos : Structurer sa filière d’approvisionnement de fruits et légumes biologiques permet :

  • De sécuriser ses achats sur la durée, sur la qualité et sur le volume souhaités,
  • De rassurer le consommateur sur l’origine, le contrôle, le choix de ses produits,
  • D’assurer à ses producteurs un accompagnement pour les aider à améliorer leurs pratiques, c’est leur assurer des ventes régulières, une planification de leur production et selon les cas des prix définis à l’avance.

 

Pourquoi avoir choisi l’Espagne ?

AF : Déjà rappelons une notion de base qui semble parfois être méconnue en France : l’Espagne est soumise au même règlement européen bio (UE) N°834/2007 que tous les pays européens. Il n’y a pas une « autre bio » en Espagne par rapport à la France.
Il existe comme en France plusieurs organismes de certification (OC), certains sont privés et d’autres dépendent des Régions et du ministère de l’agriculture. C’est en Andalousie qu’il y en a le plus, les autres régions ayant un seul OC.
L’Espagne ce sont aussi des vergers, des cultures de pleins champs, des serres, une grande diversité de produits disponibles à l’année, des exotiques aux choux, des agrumes aux pommes et poires, une qualité de produit toujours plus élevée.

L’Espagne est le premier pays producteur de fruits et légumes en Europe (la France vient de dépasser l’Espagne au niveau des SAU bio), le troisième pays au monde en termes de surfaces, et pourtant le dernier pays européen en termes de consommation. L’évolution des surfaces entre 2000 (380.000ha) et 2020 (2.437.891ha) est parlante.

L’Espagne compte aujourd’hui quasiment 50.000 opérateurs bio, les zones majeures de production de fruits & légumes (F&L) sont l’Andalousie (9799ha), la région de Murcia (4500ha), Castilla la Mancha (2879ha), la région de Valencia (971ha) et l’Extremadura (817ha).

 

Quels sont ses avantages et ses inconvénients ?

AF : Pour les avantages de l’Espagne, citons deux points majeurs :

  • Les producteurs espagnols sont parmi les plus contrôlés à la fois par les OC, par les services administratifs du ministère de l’agriculture mais aussi par leurs clients : audits, contrôles, analyses (feuille, sol, produit), système de contrôle des certificats bio (SIPEA).
  • Le niveau de professionnalisme des producteurs et expéditeurs est élevé, les stations de conditionnement sont aux normes : BRC, IFS, Global Gap ; la grande majorité des producteurs ont aussi des certifications type Naturland, Déméter, Ecovalia (certification sociale du CAAE), Grasp (module sociale de Global Gap), Spring (module de Global Gap sur le bon usage de l’eau) …

L’Espagne pâtit surtout, comme inconvénient majeur, d’un déficit d’image : une image mal connue de la production et particulièrement déformée. Elle souffre aussi de problématiques sociales (immigration) et environnementales (gestion des ressources en eau) fortes.

 

Comment structurer une filière d’approvisionnement ?

Structuration de Filières bio - ©Alexandra Farnos

Structuration de Filières bio – ©Alexandra Farnos

AF : Les points importants pour la structuration d’une filière bio

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Vue sur le Forum Ingrédients Bio et le Pôle Ingrédients & Matières Premières à Natexpo 2021 - ©Ingrebio

Natexpo côté ingrédients : les fournisseurs répondent au Bio+

 

En bonus, retrouvez en fin d’article le replay de notre conférence au Forum des Ingrédients Biologiques « De l’ingrédient au produit fini : repenser l’innovation avec des ingrédients biologiques différenciants ».

Bien connu pour sa représentation des produits alimentaires, diététiques et cosmétiques bio, Natexpo l’est un peu moins pour son Pôle Ingrédients & Matières Premières. Celui-ci a réuni une 40aine de fournisseurs d’ingrédients et matières premières biologiques français et étrangers, pour une représentation assez large de la diversité des ressources. Sans compter les acteurs disséminés ailleurs dans les allées du salon.
Des fruits et légumes frais aux protéines végétales texturées, en passant par les huiles de chanvre titrées, nous vous emmenons dans les allées de ce pôle… découvrir ou redécouvrir les innovations ‘Ingrédients’ qui ont marqué le salon Natexpo 2021, et qui pourront inspirer vos futures recettes.

 

Des ingrédients venus d’ailleurs bio et équitables

Plusieurs stands en dehors du pôle Ingrédients & Matières Premières étaient à visiter lorsque l’on cherchait des matières premières bio et équitables. Citons en particulier les fournisseurs Agro Sourcing pour les fruits secs et fruits à coques, Biofruisec pour ses fruits déshydratés (notamment son ananas Cayenne ou ses dattes Neglet Nour premium), La Compagnie du Riz pour les riz, Kaoka pour les cacaos ou Base Organic Food, également pour les fruits secs (mais aussi pour sa récente certification Bio Équitable en France pour des légumes secs notamment).

 

Sur le Pôle Ingrédients & Matières Premières, on pouvait retrouver Keramis et sa large gamme de matières premières bio et équitables. Senfas se spécialise notamment sur les graines origine France. Tradin Organic présentait la 2è édition de son rapport de durabilité sur sa filière cacao biologique. En plus des certifications Naturland, Bio Suisse, Fair for Life, et Regenerative Organic Certification (ROC), Tradin travaille sur la réduction et la compensation de son empreinte carbone. Au Sierra Leone en particulier, ils ont mis en place des programmes de protection des enfants et d’agroforesterie.
Le groupe allemand

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