Champ de tournesol en Bulgarie

Tradin Organic partage ses résultats et ses engagements pour un sourcing bio durable

 

Interview avec Peter Bos, Oils business manager, Tradin Organic.

 

Tradin Organic exposait lors du dernier salon FIE à Francfort. Une édition (trop) calme en fréquentation, mais « riche en échanges de qualité », selon Peter Bos, responsable commercial de l’activité Huiles. Pas très surprenant pour ce fournisseur européen spécialiste du sourcing bio depuis plus de 40 ans, qui avait de nombreux sujets d’intérêt à partager avec les visiteurs. Nouveau rapport ‘cacao durable’, nouvelle certification RSE, investissements sur les sites de production… ont fait l’actualité de cette année pour Tradin Organic.

 

Tradin Organic investit dans les filières durablement

Tradin investit dans les filières durablement – ©Tradin Organic

Tradin Organic certifié We Care

Tradin Organic est la première entreprise du secteur des ingrédients biologiques à être certifiée selon la nouvelle norme We Care. Initiée par le FiBL pour l’industrie alimentaire, cette norme écologique et sociale focalise en particulier sur la gestion responsable des chaînes d’approvisionnement[1]. Cette certification formalise les efforts d’amélioration continue de Tradin Organic dans la structuration de filières durables, ‘au-delà du bio’.

 

 

Tradin Organic partage son Rapport Cacao Durable

Par cette 2ème édition de son ‘sustainability report’ spécifique aux filières cacao, Tradin Organic illustre concrètement ces actions.

Rapport Cacao durable Tradin Organic.

Rapport Cacao durable Tradin Organic. ©Ingrébio

« Ce rapport montre les étapes importantes que nous avons réalisé au cours des années 2019/20, ainsi que les objectifs que nous nous sommes fixés pour 2021 », explique Peter Bos. Réduction de l’empreinte carbone, traçabilité et transparence, protection des enfants, agroforesterie…  « Nous sommes particulièrement investis au Sierra Leone depuis 2015. Le soutien apporté aux producteurs localement leur permet d’obtenir les certifications bio et commerce équitable, et plus récemment de certifier des projets ‘Regenerative Organic Certification (ROC) ».

Avec son site de transformation de cacao Crown of Holland, Tradin Organic ambitionne d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2025.

 

Investissements en Bulgarie pour la production d’huiles biologiques

La demande en ingrédients biologiques est forte en Europe, et notamment en huiles végétales. Les critères de qualité et de proximité le sont tout autant. « C’est pourquoi nous avons investi dans notre usine de production bulgare, spécialisée dans la transformation des graines de tournesol biologiques », justifie Peter Bos. Ce site a passé cette année avec succès l’audit social SMETA, garantissant de bonnes pratiques internes et d’éthique professionnelle. « L’agrandissement de l’usine nous permet de répondre à la demande, notamment des marchés français et belges, avec la meilleure qualité ». Situé à proximité de la production de graines de tournesol, l’approvisionnement se veut d’abord local. « Nous démarrons la saison avec les graines locales, puis pour compléter nous nous approvisionnons auprès de producteurs croates, grecs ou roumains. L’important est que nous entretenons le même type de relations durables avec tous les producteurs, avec le même soutien technique ».

Tradin propose un large choix de matières premières et d’ingrédients biologiques. « L’important pour nous, est de proposer des produits avec une histoire, mais pas seulement. Nous apportons aussi la preuve de nos actions au service des filières ».

 

Retrouvez la GAMME D’INGRÉDIENTS DE TRADIN ORGANIC dans l’Annuaire INGREBIO.

 

 


[1] We Care : une nouvelle norme de durabilité pour l’industrie alimentaire, Ingrébio, 09/03/21

 


Présentation d'Alexandra Farnos à Natexpo. ©Ingrébio

La structuration de filières : exemple des fruits et légumes bio en Espagne

 

La question de l’origine de nos matières premières biologiques est plus que jamais sur le devant de la scène. Avec des attentes fortes d’origine France émanant de toutes parts, le risque des dérives protectionnistes émerge également, avec ses non-sens inhérents. Une entreprise pyrénéenne a-t-elle intérêt à sourcer ses céréales en Hauts-de-France ou de l’autre côté de la frontière ?
Plus que la proximité géographique (ce qui ne sera jamais possible pour tout, de toutes façons…), la notion de relocalisation associée à la « connaissance du lieu d’origine » fait sens et commence à se répandre. Les acteurs du Commerce Équitable en parlaient lors de ses Assises[1] : savoir où et comment on s’approvisionne et pourquoi on le fait apporte les valeurs dont on a besoin pour rassurer le consommateur et accomplir sa démarche d’acheteur bio et RSE.
Pour cela, les transformateurs ont besoin d’outils pour les accompagner dans cette transition durable des modes de fonctionnement. La ‘structuration de filières’ en est un, mais encore faut-il savoir ce qu’on met derrière ces mots…

Alexandra Farnos travaille dans le milieu des fruits et légumes biologiques en Europe depuis plus de 20 ans. Elle structure des filières commerciales entre des clients européens et des producteurs espagnols, italiens ou français. Pour plus d’infos : https://www.alexandra-farnos.bio/

Pour nous éclairer concrètement sur ce sujet, nous avions invité Alexandra Farnos, spécialiste des filières fruits et légumes biologiques méditerranéens, à nous expliciter la structuration de filières bio avec l’Espagne, lors du Forum des Ingrédients Bio à Natexpo.
Quoi de mieux en effet que l’exemple de l’Espagne et de la vision qui est donnée au consommateur de ses cultures biologiques pour argumenter sur l’intérêt de structurer ses approvisionnements. Le témoignage de Marc Montluçon, directeur de l’entreprise FRDP, spécialiste des fruits et légumes bio surgelés, complétait cette expérience de terrain.

Retrouvez le replay de cette conférence à Natexpo.

Alexandra Farnos

Alexandra Farnos

 

A quoi sert de structurer une filière d’approvisionnement ?

Alexandra Farnos : Structurer sa filière d’approvisionnement de fruits et légumes biologiques permet :

  • De sécuriser ses achats sur la durée, sur la qualité et sur le volume souhaités,
  • De rassurer le consommateur sur l’origine, le contrôle, le choix de ses produits,
  • D’assurer à ses producteurs un accompagnement pour les aider à améliorer leurs pratiques, c’est leur assurer des ventes régulières, une planification de leur production et selon les cas des prix définis à l’avance.

 

Pourquoi avoir choisi l’Espagne ?

AF : Déjà rappelons une notion de base qui semble parfois être méconnue en France : l’Espagne est soumise au même règlement européen bio (UE) N°834/2007 que tous les pays européens. Il n’y a pas une « autre bio » en Espagne par rapport à la France.
Il existe comme en France plusieurs organismes de certification (OC), certains sont privés et d’autres dépendent des Régions et du ministère de l’agriculture. C’est en Andalousie qu’il y en a le plus, les autres régions ayant un seul OC.
L’Espagne ce sont aussi des vergers, des cultures de pleins champs, des serres, une grande diversité de produits disponibles à l’année, des exotiques aux choux, des agrumes aux pommes et poires, une qualité de produit toujours plus élevée.

L’Espagne est le premier pays producteur de fruits et légumes en Europe (la France vient de dépasser l’Espagne au niveau des SAU bio), le troisième pays au monde en termes de surfaces, et pourtant le dernier pays européen en termes de consommation. L’évolution des surfaces entre 2000 (380.000ha) et 2020 (2.437.891ha) est parlante.

L’Espagne compte aujourd’hui quasiment 50.000 opérateurs bio, les zones majeures de production de fruits & légumes (F&L) sont l’Andalousie (9799ha), la région de Murcia (4500ha), Castilla la Mancha (2879ha), la région de Valencia (971ha) et l’Extremadura (817ha).

 

Quels sont ses avantages et ses inconvénients ?

AF : Pour les avantages de l’Espagne, citons deux points majeurs :

  • Les producteurs espagnols sont parmi les plus contrôlés à la fois par les OC, par les services administratifs du ministère de l’agriculture mais aussi par leurs clients : audits, contrôles, analyses (feuille, sol, produit), système de contrôle des certificats bio (SIPEA).
  • Le niveau de professionnalisme des producteurs et expéditeurs est élevé, les stations de conditionnement sont aux normes : BRC, IFS, Global Gap ; la grande majorité des producteurs ont aussi des certifications type Naturland, Déméter, Ecovalia (certification sociale du CAAE), Grasp (module sociale de Global Gap), Spring (module de Global Gap sur le bon usage de l’eau) …

L’Espagne pâtit surtout, comme inconvénient majeur, d’un déficit d’image : une image mal connue de la production et particulièrement déformée. Elle souffre aussi de problématiques sociales (immigration) et environnementales (gestion des ressources en eau) fortes.

 

Comment structurer une filière d’approvisionnement ?

Structuration de Filières bio - ©Alexandra Farnos

Structuration de Filières bio – ©Alexandra Farnos

AF : Les points importants pour la structuration d’une filière bio

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois


Vue sur le Forum Ingrédients Bio et le Pôle Ingrédients & Matières Premières à Natexpo 2021 - ©Ingrebio

Natexpo côté ingrédients : les fournisseurs répondent au Bio+

 

En bonus, retrouvez en fin d’article le replay de notre conférence au Forum des Ingrédients Biologiques « De l’ingrédient au produit fini : repenser l’innovation avec des ingrédients biologiques différenciants ».

Bien connu pour sa représentation des produits alimentaires, diététiques et cosmétiques bio, Natexpo l’est un peu moins pour son Pôle Ingrédients & Matières Premières. Celui-ci a réuni une 40aine de fournisseurs d’ingrédients et matières premières biologiques français et étrangers, pour une représentation assez large de la diversité des ressources. Sans compter les acteurs disséminés ailleurs dans les allées du salon.
Des fruits et légumes frais aux protéines végétales texturées, en passant par les huiles de chanvre titrées, nous vous emmenons dans les allées de ce pôle… découvrir ou redécouvrir les innovations ‘Ingrédients’ qui ont marqué le salon Natexpo 2021, et qui pourront inspirer vos futures recettes.

 

Des ingrédients venus d’ailleurs bio et équitables

Plusieurs stands en dehors du pôle Ingrédients & Matières Premières étaient à visiter lorsque l’on cherchait des matières premières bio et équitables. Citons en particulier les fournisseurs Agro Sourcing pour les fruits secs et fruits à coques, Biofruisec pour ses fruits déshydratés (notamment son ananas Cayenne ou ses dattes Neglet Nour premium), La Compagnie du Riz pour les riz, Kaoka pour les cacaos ou Base Organic Food, également pour les fruits secs (mais aussi pour sa récente certification Bio Équitable en France pour des légumes secs notamment).

 

Sur le Pôle Ingrédients & Matières Premières, on pouvait retrouver Keramis et sa large gamme de matières premières bio et équitables. Senfas se spécialise notamment sur les graines origine France. Tradin Organic présentait la 2è édition de son rapport de durabilité sur sa filière cacao biologique. En plus des certifications Naturland, Bio Suisse, Fair for Life, et Regenerative Organic Certification (ROC), Tradin travaille sur la réduction et la compensation de son empreinte carbone. Au Sierra Leone en particulier, ils ont mis en place des programmes de protection des enfants et d’agroforesterie.
Le groupe allemand

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois


Extrait du Baromètre Max Havelaar de la transition alimentaire - ©Max Havelaar France

La consommation alimentaire responsable s’ancre durablement en France

 

En cette fin d’année 2021, Max Havelaar France publie les derniers résultats de son Baromètre de la Transition Alimentaire. Cette 3è édition démontre que les pratiques d’achats responsables se sont ancrées durablement chez les consommateurs français.

Evolution de la consommation de produits responsablesLes changements d’habitudes de consommation générés par la crise COVID-19, et la prise de conscience plus généralisée de l’impact de nos choix alimentaires, perdurent. 90% des Français achètent des produits alimentaires responsables au moins une fois par mois et deux tiers au moins une fois par semaine. Selon l’enquête réalisée sur plus de 2000 personnes, les intentions d’achat sont aussi en nette hausse.
Parmi les deux tiers de Français acheteurs hebdomadaires de produits alimentaires responsables, on observe par ailleurs une nette progression de la consommation, avec des augmentations de 9 points pour les produits bio et les produits bio et équitables, de 10 points pour les produits équitables et de 10 points également pour les produits sans ou limitant les emballages. Cette tendance est particulièrement tirée par le comportement d’achats des plus jeunes (moins de 35 ans).
Si l’alimentation reste le secteur prioritaire pour ces évolutions d’achats, les autres secteurs de consommation sont de plus en plus attendus sur leur responsabilité. Les achats responsables de produits d’hygiène et les cosmétiques, de produits d’entretien et de produits textiles sont privilégiés par plus de 30% des Français aussi.

 

Les raisons de consommer responsable se diversifient

Facteurs dissuasifs de consommation de produits responsablesSi le prix reste le premier frein pour l’achat de produits responsables, il l’est moins que l’an passé (-5 points). La volonté de garantir aux producteurs une juste rémunération demeure la principale raison d’achat, ex æquo avec le fait de savoir d’où viennent les produits. Aussi la raison ‘rémunération des producteurs’ diminue légèrement au profit d’autres motivations, sans doute liées à un besoin de réassurance dans un contexte de crise sanitaire : traçabilité, transparence, goût, aspirations au “mieux manger”…
Selon Max Havelaar France, « les Français ne veulent pas choisir entre social et environnemental ». Ils ont compris l’interdépendance des enjeux sociaux et environnementaux. Les fabricants doivent donc adresser dorénavant ces enjeux sociaux, humains autant qu’environnementaux.
Au global, près de 4 sur 10 (38%, +5 pts) pensent que leur budget “produits responsables” va augmenter à l’avenir. La consommation est encore limitée, selon les consommateurs, par

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois


Salon Vitafoods 2021

Vitafoods 2021 : une offre bio toujours minoritaire mais de plus en plus qualitative

 

Le salon Vitafoods 2021, reporté pour cause de Covid, a finalement eu lieu en ce début d’octobre, marqué certes par une présence amoindrie des exposants, mais n’empêchant pas les fournisseurs présents de montrer le dynamisme de l’innovation en nutraceutique.

Même si l’agriculture biologique reste encore globalement minoritaire sur ce salon, notre recherche méthodique des solutions et nouveautés pour le secteur bio nous amène à un compte-rendu malgré tout riche.

Le secteur des compléments alimentaires bouge en particulier sur la qualification et la validation scientifique d’actifs santé pointus, avec des entreprises résolument engagées dans le sourcing bio et/ou local. Les engagements dans le Commerce Équitable commencent également à poindre sur ce secteur.

Les allégations santé officielles[1] restent encore majoritairement possibles avec les vitamines et minéraux. Or on sait que la supplémentation en vitamines de synthèse n’est pas possible en bio. Il est donc aussi intéressant de voir petit à petit le marché des vitamines naturelles se développer.

 

Vitamines et minéraux naturels : des lancements inédits au Vitafoods 2021

Les vitamines (et minéraux) naturelles sont particulièrement attendues en bio et l’offre encore clairsemée. Esenco travaille à combler ce manque en développant des produits inédits. Après son extrait de laitue de mer titré en magnésium lancé en 2017, c’est une poudre de carotte fermentée riche en vitamine B12, qu’il lançait au Vitafoods. Cet ingrédient est issu d’un travail de sélection

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois

 


Discours de Janusz Wojciechowski à l’Organic Food Conference 2021 - ©IFOAM Organics Europe

Organic Food Conference 2021: quelles perspectives pour l’avenir de l’alimentation biologique ?

 

L’Organic Food Conference est un évènement organisé annuellement par IFOAM Organics Europe. L’édition 2021 avait lieu les 30 septembre et 1er octobre à Varsovie en Pologne, en collaboration avec la Chambre polonaise de l’alimentation biologique (PIZE) et était retransmise en direct. Cette conférence se veut être un lieu de rendez-vous privilégié pour les acteurs de la bio, en particulier pour les transformateurs, détaillants, négociants, importateurs et organismes de contrôle de l’alimentation biologique. Elle a permis de parcourir les différents enjeux actuels pour la transformation de produits alimentaires biologiques, comme les changements attendus avec le nouveau règlement européen sur l’agriculture biologique, la question de l’emballage des produits biologiques, et les nouvelles connaissances apportées par le projet ProOrg sur les procédés de transformation bio. Ceci dans un contexte politique de Green Deal européen qui sous-tend la question : « Comment atteindre l’objectif de 25% de terres biologiques d’ici 2030 ? ».

Les politiques publiques doivent être ambitieuses

Janusz Wojciechowski lors de son discours de clôture à l'Organic Food Conference. ©Capture d'écran OFC

Janusz Wojciechowski, commissaire européen à l’agriculture et au développement rural. ©Capture d’écran OFC

Le commissaire européen à l’agriculture et au développement rural, Janusz Wojciechowski, a reconnu dans son discours de clôture que l’agriculture biologique faisait partie de la solution aux crises du climat et de la biodiversité, ayant, de plus, des impacts socio-économiques positifs. « It’s time to take actions », a-t-il exprimé pour marquer son soutien.
Il est essentiel d’augmenter la demande ET l’offre d’aliments biologiques pour atteindre l’objectif de 25% de terres biologiques fixé par l’UE dans le cadre des stratégies « Farm to Fork » et « Biodiversité ».
Certains États membres possèdent déjà plus de 20% de leur surface agricole utile en bio (comme l’Autriche à 26,1% ou l’Estonie à 22,3%), quand d’autres en sont loin, comme la Pologne (1,5%) qui accueillait la conférence. L’ambition doit donc être à la mesure de chaque état pour passer de 8,1% (en 2019) à 25% en 2030, au niveau de l’Union Européenne.
« La Pologne va continuer à développer son secteur bio dans les années à venir avec une variété de mesures », soutenait Ryszard Kaminski, Sous-Secrétaire d’État polonais.
Mais comment ? Parmi les leviers identifiés par les différents orateurs, la sensibilisation des magasins et des consommateurs aux avantages de l’agriculture biologique, la formation et l’éducation des agriculteurs à la production biologique et les politiques européennes intelligentes, sont les plus importants.
Et pour accompagner cette croissance, il apparaît également nécessaire de collecter davantage de connaissances et de données pour mieux comprendre le développement du secteur biologique, notamment en ce qui concerne le commerce de détail, les canaux de vente et le commerce intra-européen.

 

Agir sur la chaîne de valeur de l’alimentation bio

Présentation de Biokunststofftool d'AÖL. ©Capture d'écran OFC

Présentation de Biokunststofftool d’AÖL. ©Capture d’écran OFC

Cela passe par une meilleure structuration des chaînes d’approvisionnement et une coopération accrue entre tous les opérateurs biologiques de la chaîne de production sont essentielles pour remédier au manque d’infrastructures locales, adapter les types de production, innover et développer l’élevage biologique.
Une rémunération juste et des accords à long terme entre les producteurs, les transformateurs et les détaillants sont également essentiels pour garantir l’équité dans la chaîne de valeur biologique.
Les opérateurs doivent aller plus loin dans l’application des principes de l’agriculture biologique, notamment celui de l’écologie, en intégrant les emballages dans leur démarche. « Moins, c’est plus » lorsqu’il s’agit d’emballer des produits biologiques. Les travaux de l’institut allemand AöL ont été présenté comme source d’informations sur ce sujet (Biokunststofftool).
Enfin, le développement d’un label environnemental, comme le Planet-Score, basé sur l’analyse du cycle de vie et tenant compte d’indicateurs supplémentaires, tels que la biodiversité, l’impact des pesticides et le bien-être des animaux, pourrait constituer une alternative complète comme base du « cadre d’étiquetage des aliments durables », complétant le NutriScore, déjà utilisé dans plusieurs États membres.

 

Se préparer à la nouvelle réglementation bio

Présentation du projet ProOrg avec Roberto Pinton à l'Organic Food Conference. ©Capture d'écran OFC

Présentation du projet ProOrg. ©Capture d’écran OFC

Les opérateurs, transformateurs et négociants biologiques doivent se préparer aux modifications réglementaires concernant l’utilisation des arômes, les produits de nettoyage et de désinfection, la gestion des résidus, la certification de groupe et les importations afin de garantir une mise en œuvre réussie du nouveau règlement biologique de l’UE, applicable à partir du 1er janvier 2022. IFOAM Organics Europe annonce qu’il facilitera cette transition grâce à un guide pour les opérateurs biologiques, qui sera publié dans les semaines à venir.
Un Guide est également en cours de préparation pour les transformateurs bio, qui pourront ainsi mieux évaluer l’impact des procédés sur les aliments et choisir les plus « respectueux ». C’est Roberto Pinton coordinateur du groupe ProOrg qui l’annonçait, insistant dans son introduction sur le besoin de clarifier les termes « processing with care » du règlement bio.

Conclusion de Jan Plagge à l'Organic Food Conference 2021. ©Capture d'écran OFC

Conclusion de Jan Plagge à l’Organic Food Conference. ©Capture d’écran OFC

« Le principal défi consiste à convertir non seulement les agriculteurs, mais aussi les habitudes d’achat et de cuisine des consommateurs européens. Nous devons avoir une vision globale de la conversion de l’ensemble de la chaîne de valeur » a déclaré Jan Plagge, président d’IFOAM Organics Europe pour conclure cette conférence.
Partout en Europe, les agriculteurs, les transformateurs, les détaillants et les commerçants transforment déjà l’alimentation et l’agriculture et sont prêts à faire leur part pour atteindre 25% de terres biologiques d’ici 2030. IFOAM Organics Europe a réuni des initiatives inspirantes sur une plateforme commune : www.euorganic2030.bio.


Table ronde à au Congrès Mondial de la Bio - ©Ingrébio

Congrès Mondial de la Bio 2021 : La biodiversité, un déclin alarmant

 

Johan Rockström du PIK Postdam Institute. ©Ingrébio

Johan Rockström du PIK Postdam Institute. ©Ingrébio

Le constat est maintenant clair et alarmant : les changements climatiques sont en cours et la biodiversité, qui est une partie du système, est également largement affectée par les conséquences de l’anthropocène. Les études et nombreux rapports cités par Johan Rockström du PIK Postdam Institute lors de son allocution en plénière démontrent que l’agriculture en est la première cause, et avec elle le système alimentaire. L’agriculture est donc le premier levier pour contrer les dommages environnementaux de notre planète. D’une part, parce qu’elle en est la principale cause, mais aussi car elle en est aussi la principale victime.

Alors qu’est-ce que l’agriculture biologique peut apporter à tout ça ?
Les études récentes montrent qu’une agriculture biologique, de conservation, et une alimentation saine, flexitarienne… sont les plus durables pour la planète, sur tous les critères que sont les émissions, l’eau, l’utilisation des sols ou la biodiversité.
Les initiatives en Côte d’Ivoire, mais aussi en France, avec entre autres le témoignage des actions de 4 entreprises pionnières de la bio (et sponsors du Congrès), ont participé à montrer que chaque acteur avait un rôle à jouer pour favoriser la biodiversité dans son environnement.

 

La lutte contre la déforestation

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao en détenant 45% des volumes. Pour lutter contre la déforestation liée à

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois


Vue sur le salon SIRHA 2021 - ©Ingrébio

SIRHA 2021 : la transition alimentaire en route pour la restauration aussi

 

Le salon de la restauration SIRHA 2021 a été clairement rythmé cette année par la loi EGALIM, qui, on le rappelle, prévoit pour les restaurants scolaires de plus de 200 couverts, un menu végétarien par semaine et l’utilisation de 50% de produits de qualité et durables, dont au moins 20% de produits biologiques. L’analyse des innovations par le SIRHA montre également une accélération des innovations dites « responsables » : 18% des innovations présentées surfent sur le territoire « Conscience », soit 7 points de plus qu’en 2019.
Filière France, labels SIQO, clean label, bien-être animal, sans OGM, sans pesticides… étaient parmi les arguments mis en avant sur nombreux stands. Et on comprend que l’agriculture biologique a sa carte à jouer… parmi d’autres labels mieux-disants (que le ‘conventionnel’).
On comprend également que décidément, ça bouge, quand on voit l’arrivée des « grands » de la bio sur le marché de la restauration, comme, pour ne citer qu’eux, les groupes Nutrition & Santé et Léa Compagnie Biodiversité… et les grands de la restauration afficher en grand, leur gamme bio montante…

 

Petit tour d’horizon des innovations qui, donc, font bouger le marché bio pour la restauration collective et commerciale aussi…

 

Engagement Filières viande Interbev - ©Ingrebio

Engagement Filières viande Interbev – ©Ingrébio

Les filières viandes résolument engagées

Le virage du « responsable et durable » semble bien pris pour les filières élevage et viande. Et les illustrations sont nombreuses sur les stands, plus particulièrement pour les gros groupes.
Concrètement les engagements sont multifactoriels : origine France des viandes, voire de l’alimentation, bien-être animal, amélioration nutritionnelle et démarche Nutriscore, meilleure gestion des ressources et des emballages. Les logos se multiplient.
À l’instar de

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois

 


Bio, de label prive à règlementation publique - ©Ingrébio

Congrès Mondial de la Bio 2021 : Chaîne de valeurs et valeur augmentée de la Bio

 

Si tous les acteurs se réjouissent de la croissance du marché bio, on sait que celle-ci ne s’accompagnera pas toujours de démarches aussi engagées et cohérentes. L’arrivée sur ce marché de puissants acteurs de l’agro-industrie, le manque de régulation des relations commerciales, mais aussi le taux bas de renouvellement des agriculteurs font craindre une perte de valeurs et de cohérence au mouvement bio.
Quelles propositions pour adapter le modèle bio à la transition alimentaire ?

 

Des Labels privés au-delà des labels publics

Les labels privés se présentent comme fédérateurs autour de valeurs partagées, de bonnes pratiques et d’ambitions communes, à l’instar des exemples présentés par Forebio[1] : Bio Cohérence et Unebio. Leur ambition première est souvent, comme le soulignait Charles Pernin du Synabio, d’aller au-delà de la réglementation.
Les labels privés, créés sous l’impulsion d’attentes non satisfaites de la société, sont en fait souvent aussi précurseurs

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois


Remise des Trophées de l’Excellence Bio 2021 - ©Ingrebio

Remise des Trophées de l’Excellence bio au salon Tech&Bio

 

C’est lors du salon Tech&Bio à Bourg-les-Valence, que les lauréats des Trophées de l’Excellence Bio 2021 ont reçu leur récompense, sous le regard enthousiaste d’Estérelle PAYANY, critique gastronomique et autrice de livres de cuisine, présidente du Jury de cette 8è édition. 

Pour sa 8ème édition, le concours, organisé par l’Agence Bio, en partenariat avec le Crédit Agricole, met en valeur les projets exemplaires d’agriculture ou de transformation biologique et les démarches innovantes au sein des filières biologiques françaises. Plus de 150 candidatures ont été reçues en début d’année 2021, de métropole et d’outre-mer, montrant le dynamisme du secteur bio. 

Lors de la remise des Trophées le 22 septembre dernier sur le salon Tech&Bio, la directrice de l’Agence Bio a souligné l’engagement commun des finalistes pour «?une bio de qualité, le respect de l’environnement, mais aussi la volonté de porter des valeurs d’inclusion, de?qualité de vie, de démarche d’économie circulaire, de transmission et de proposer des produits bons, gouteux et sains !?» 

 

Les lauréats des 8è Trophées de l’Excellence Bio  

Graine de Choc est l’entreprise finaliste de la catégorie Transformateurs. Avec sa pâte à tartiner à base de fèveroles, elle a séduit les papilles du jury, mais aussi par l’ambition de son projet. Si la mission principale de Béatrice Maire, sa fondatrice, est de proposer un produit bio sain, sur une catégorie qui peine à réduire le Nutriscore de ses références, elle vise aussi le développement et la valorisation de la filière Féverole bio en région Hauts-de-France. Mission réussie avec le Tartimouss, au Nutriscore A et un approvisionnement local et durable. 

Coup de Cœur du Jury, Pascal le Guern et sa boulangerie Messidor, oeuvrant depuis 15 ans dans la production de pains biologiques issus de blés anciens. Si Pascal a contribué au redéploiement de culture de variétés anciennes en Bretagne, il ne s’en contente pas. Son procédé de panification suit «?un pétrissage lent, selon la méthode “Respectus Panis” élaborée par les Ambassadeurs du pain?». Il respecte ainsi toutes les qualités nutritionnelles de son pain au levain, favorisant sa digestion et lui donnant une saveur authentique. 

Deux autres finalistes représentaient la catégorie Producteurs?:  

  • le GAEC de Loran (Gers) avec ses 190 vaches jersiaises, et sa production de lait bio riche en protéines. Il favorise les prairies multi-espèces et l’alimentation 100% herbe toute l’année, la qualité de vie, mais aussi la transmission de savoir.  
  • La ferme de Pierre Pujos, qui base son système agricole sur l’auto-fertilité au sein de la ferme, depuis 2004. Pour cela, il a fait le choix de limiter au maximum l’empreinte carbone de ses activités en misant sur la production biologique, la couverture des sols et la réintroduction des moutons sur ses terres. En effet, l’animal, véritable outil agronomique, s’insère au cœur des cultures de céréales et en complémentarité. 

Ouvert à tous les opérateurs professionnels des filières biologiques, le concours des Trophées de l’Excellence Bio permet de soutenir le caractère dynamique et innovant de l’ensemble de la filière biologique, ce qu’il a une nouvelle fois démontré cette année.
La 9è édition est d’ores et déjà lancée et les candidatures peuvent être envoyées jusqu’au 16 décembre 2021.  


Congrès Mondial de la Bio 2021 : l’Agriculture Biologique confirme ses atouts

 

Nicolas Hulot ouvre le 20è Congrès Mondial de la Bio – ©Ingrébio

L’édition exceptionnelle du Congrès Mondial de la Bio (OWC) qui s’est tenu du 6 au 10 septembre à Rennes, l’a été à plusieurs titres. Tout d’abord, il s’agissait de la 20è édition de ce rendez-vous international des acteurs de l’agriculture biologique, initié lors de la création d’IFOAM-Organics International en 1972. 20è édition qui a dû être reportée d’un an du fait de la crise Covid, et réorganisée pour une accessibilité en digital, mais aussi en présentiel. La France, accueillant pour la 1ère fois ce congrès mondial, avait choisi Nicolas Hulot comme parrain de l’évènement. Le Président d’Honneur de la Fondation pour la Nature et l’Homme a souligné, comme plusieurs autres intervenants lors de la cérémonie d’ouverture, que l’Agriculture Biologique avait fait ses preuves pour rapidement pouvoir devenir la norme.

L’intérêt de l’agriculture biologique comme solution aux enjeux globaux environnementaux, sociaux et économiques a été au centre des débats, avec en filigrane les sujets liés à la transformation et la résilience des systèmes alimentaires (et non alimentaires). Tout particulièrement, la Biodiversité s’est invitée dans ce Congrès, comme l’un des champs d’action à considérer par les agriculteurs tout comme par les entreprises agroalimentaires.

Les partenaires de l'OWC sur scène.

Les partenaires de l’OWC sur scène. ©Ingrébio

 

Les six forums recroisaient cette thématique générale avec, chacun, des leviers particuliers :
Le Forum du Leadership a imaginé et débattu des axes de développement du mouvement bio de demain, en réunissant penseurs et décideurs politiques.
Le Forum des Agriculteurs et des Conseillers a permis aux paysans et paysannes du monde entier de partager les initiatives, innovations, savoirs et savoir-faire agricoles.
Le Forum Scientifique a invité les chercheurs à présenter les recherches dans le secteur de la Bio, pour une amélioration continue des aliments, des systèmes et de l’agriculture biologiques.
Le Forum Filières et Chaînes de valeur a donné l’occasion aux acteurs des filières (des producteurs aux consommateurs) de partager des expériences inspirantes et des initiatives novatrices pour développer, transformer, faire évoluer les filières agro-alimentaires et non-alimentaires biologiques, dans le respect des principes fondamentaux de la Bio.
Le Forum Culturel et Éducatif a abordé les fondements philosophiques du mouvement Bio et la transmission des connaissances avec toutes les personnes engagées dans la formation et l’éducation.
Le Forum multi-acteurs visait à favoriser les échanges entre tous les acteurs impliqués dans le développement et l’innovation du secteur Bio, ceci en promouvant une approche multi-acteurs dans les systèmes alimentaires Bio.

On en retiendra la richesse des échanges et des initiatives partagées, du Danemark à Taïwan… et un vent d’optimisme grâce à ce mouvement global qui convainc de façon croissante et à tous les échelons.

Un peu plus en détails, voici quelques idées, exemples, faits ou phrases marquantes que nous souhaitons partager avec nos lecteurs à la suite du Congrès Mondial de la Bio. Ce compte-rendu exclusif fera l’objet d’une série d’articles thématiques plus complets à retrouver ci-dessous…

 

Chaîne de valeurs et valeur augmentée de la Bio

Chaînes de valeurs, présentation au COngrès mondial de la bio 2021

©Ingrébio

Si tous les acteurs se réjouissent de la croissance du marché bio, on sait que celle-ci ne s’accompagnera pas toujours de démarches aussi engagées et cohérentes. L’arrivée sur ce marché de puissants acteurs de l’agro-industrie, le manque de régulation des relations commerciales, mais aussi le taux bas de renouvellement des agriculteurs font craindre une perte de valeurs et de cohérence au mouvement bio.
Quelles propositions pour adapter le modèle bio à la transition alimentaire?
Il a été question ici de nouveaux modèles, innovants et durables, de labels privés plus contraignants, mais aussi de partage de valeur, et de commerce équitable…

>A lire : Congrès Mondial de la Bio 2021 : Chaîne de valeurs et valeur augmentée de la Bio

 

Qualité et intégrité des produits biologiques

La qualité des aliments, considérée de façon holistique, est un aspect que les consommateurs considèrent de plus en plus.
Les publications récentes d’études scientifiques confirment qu’au-delà de l’impact positif de l’agriculture biologique sur l’environnement, sa supériorité nutritionnelle est aujourd’hui démontrée. Mais quels sont les outils mis en place pour guider les transformateurs dans leurs formulations, ou les consommateurs dans leurs actes d’achats ? Ont entre autres été abordés lors du Congrès : le projet européen ProOrg, l’inspirant « Mindful Eating » de Jasmin Peschke, ou encore les programmes mis en place pour assurer l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement biologique et pour lutter contre la fraude.

>A lire : Congrès Mondial de la Bio 2021 : Qualité et Intégrité des produits biologiques

 

La biodiversité, un déclin alarmant

Johan Rockström lors du Congrès mondial de la bio 2021

Johan Rockström du PIK Postdam Institute. ©Ingrébio

Le constat est maintenant clair et alarmant : les changements climatiques sont en cours et la biodiversité, qui est une partie du système, est également largement affectée par les conséquences de l’anthropocène. Les études et nombreux rapports cités par Johan Rockström du PIK Postdam Institute lors de son allocution en plénière démontrent que l’agriculture en est la première cause, et avec elle le système alimentaire. L’agriculture est donc le premier levier pour contrer les dommages environnementaux de notre planète. D’une part, parce qu’elle en est la principale cause, mais aussi car elle en est aussi la principale victime.
Alors qu’est-ce que l’agriculture biologique peut apporter à tout ça ?
Les études récentes montrent qu’une agriculture biologique, de conservation, et une alimentation saine, flexitarienne… sont les plus durables pour la planète, sur tous les critères que sont les émissions, l’eau, l’utilisation des sols ou la biodiversité.
Les initiatives en Côte d’Ivoire, mais aussi en France, avec entre autres le témoignage des actions de 4 entreprises pionnières de la bio (et sponsors du Congrès), ont participé à montrer que chaque acteur avait un rôle à jouer pour favoriser la biodiversité dans son environnement.

>A lire : Congrès Mondial de la Bio 2021 : La biodiversité, un déclin alarmant

 

Développement local, relocalisation : entre garanties et politiques publiques

Le mouvement de relocalisation de l’agriculture est lancé, et les prises de conscience, partout dans le monde, qu’une valorisation locale des ressources biologiques est primordiale, s’accélèrent. On citera des exemples dans le Pacifique, en Ukraine ou en Italie. Le Congrès a été aussi l’occasion de témoignages qui montrent comment les politiques publiques aident à accélérer le développement de l’agriculture biologique locale et de la consommation bio.
Entre les évolutions réglementaires (sur la certification de groupe notamment) et les autres outils de garanties qui se développent (comme les PGS…), les outils se multiplient pour faciliter les conversions.

>A lire : Développement local, relocalisation de l’agriculture biologique : entre garanties et politiques publiques

congrès mondial de la bio congrès mondial de la bio


résultats durabilité AB

Étude : Quelles sont les démarches alimentaires vraiment durables ?

 

AB, HVE, Label Rouge, C’est qui le patron… Depuis quelques années, les démarches – publiques ou privées – de durabilité alimentaire se multiplient, au risque de perdre le consom’acteur… Mais cette profusion d’initiatives a également des conséquences sur le choix des politiques publiques de soutien à l’alimentation et l’agriculture.

Or, jusqu’ici aucune étude n’avait analysé de façon systémique les impacts sociaux, environnementaux ou économiques de ces démarches.

C’est en particulier pour éclairer les choix des acheteurs et des décideurs politiques que 3 organismes (Le Basic, Greenpeace France et WWF-France) ont mené une analyse de potentiel d’impact sur 11 démarches de durabilité alimentaire. Cette étude évalue et compare leurs bénéfices d’un point de vue social, sanitaire et environnemental.

Dans cette étude, les démarches qui partagent le socle de l’agriculture biologique (AB, Bio Équitable en France, Demeter et Nature & Progrès) ressortent comme celles ayant les bénéfices environnementaux et socio-économiques les plus forts.

 

Zoom sur la méthodologie

Les 11 démarches testées :

  • Agriculture Biologique
  • Bio Équitable en France
  • Demeter
  • Nature & Progrès
  • Agri Confiance
  • Zéro Résidu de Pesticides
  • Haute Valeur Environnementale
  • Bleu-Blanc-Cœur (filière bovine et filière porc-volaille)
  • Appellation d’Origine Protégée (filière Comté et Cantal)
  • Label Rouge (filière volaille de chair et filière porcine)
  • C’est qui le Patron ? (filière lait liquide et filière jus de pomme)

Pour évaluer les 11 démarches, l’étude s’est basée sur une large revue de la littérature scientifique qui a été décryptée au travers d’une grille de 14 problématiques sociétales majeures liées à notre alimentation. Ces problématiques ont été reliées aux différentes causes à leur origine, permettant ainsi de prendre en compte les interactions entre les différentes enjeux et causes.

Cette méthodologie transparente et consultable sur le mini-site dédié s’inscrit en complémentarité des méthodes quantitatives existantes, telle que l’analyse du cycle de vie.

Elle a pu faire ressortir que 5 problématiques apparaissaient comme centrales pour augmenter la durabilité des démarches alimentaires : la biodiversité, le climat, l’atteinte d’un revenu décent, la santé humaine et le bien-être animal. Mais aussi que 4 autres n’étaient que rarement considérées dans les initiatives lancées : les conditions de travail, la sécurité alimentaire, l’épuisement des ressources non-renouvelables (énergétiques et minérales) et le gaspillage alimentaire.

enjeux de non durabilité alimentaire

Les 14 problématiques de la non-durabilité de l’alimentation
– ©Basic 2021

 

Que faut-il en retenir ?

L’étude distingue 3 « familles » de démarches dans ses conclusions :

  • Les démarches qui partagent le socle de l’agriculture biologique (Agriculture Biologique, Bio Équitable en France, Demeter et Nature & Progrès). Ce sont celles qui obtiennent les bénéfices socio-économiques et environnementaux les plus forts et homogènes.
  • Les démarches qui partagent le socle de la certification environnementale (Haute Valeur Environnementale, Agri Confiance, Zéro Résidu de Pesticides). Elles montrent les effets positifs les plus faibles et les moins avérés.
  • Les démarches définies filière par filière et en lien étroit avec l’amont (C’est Qui le Patron, Label Rouge, Bleu Blanc Cœur, AOP/AOC) et qui ont des bénéfices variés et hétérogènes selon les cahiers des charges et les filières.

Il est également intéressant de noter que les auteurs concluent à la corrélation du fort impact positif des démarches à « leur capacité à définir des seuils d’entrée suffisamment restrictifs pour accompagner ou enclencher les changements de pratiques, et à créer un environnement incitatif qui permet de progresser au fil du temps (…) ».

©Basic 2021

©Basic 2021

Pour en savoir plus :
Consulter le Mini-site interactif « Bio, AOP, Agri Confiance… Quels sont les impacts des démarches de durabilité alimentaire ? »

Lire le rapport détaillé : « Étude de démarches de durabilité dans le domaine alimentaire – Rapport d’analyse transverse », Juin 2021.

 


importations bio plus de fruits exotiques

Importations bio en baisse : l’Union Européenne dresse le bilan 2020

 

En 2020, l’Union Européenne a importé 2,79 millions de tonnes de denrées alimentaires biologiques, soit une baisse de 1,9% par rapport à 2019. La note de conjoncture « EU imports of organic agri-food products – key developments in 2020 » publiée par la Commission européenne en juin dernier détaille les chiffres des importations bio 2020.

Cette légère diminution des importations est mise en comparaison avec l’augmentation globale du marché bio.

Importations bio des produits alimentaires en UE

Répartition des produits alimentaires bio importés dans l’UE en 2020 – ©Commission Européenne

Elle s’explique par une baisse notable des importations de céréales, de tourteaux et de sucres bio qui contrebalancent l’augmentation des importations de fruits tropicaux et de riz biologiques.
Les matières premières de base (céréales, huiles végétales et oléagineux, sucres, poudres de lait et beurre, café non torréfié et cacao) ont représenté 48% des importations de 2020 en termes de volume et 29% en termes de valeur. Les autres produits primaires (dont les produits carnés, les fruits, les légumes, les yaourts au lait et le miel) représentaient 42% des importations en volume et 53% en valeur.
Plus en détails, la catégorie importée de loin la plus importante est celle des fruits tropicaux, des fruits à coque et des épices : elle représente 30% du volume, soit 0,84 million de tonnes. Suivent ensuite les tourteaux (8%, soit 0,23 million de tonnes), le sucre de betterave et de canne (7%, soit 0,19 million de tonnes) et les légumes (5%, soit 0,15 million de tonnes).

On note également que pour quelques catégories de produits, les importations de produits biologiques commencent à représenter une part importante des importations totales. En particulier, l’huile d’olive biologique représenterait près d’un sixième des importations globales. Pour les farines et le sucre, les importations biologiques dépassent 10% des importations totales.

Produits bio importes par pays 2020

Produits bio importés dans l’UE par pays exportateurs en 2020 – ©Commission Européenne

 

Les principaux pays approvisionneurs de l’UE en 2020 ont été l’Équateur (12%), la République dominicaine (9%), la Chine (8%) et l’Ukraine (8%). Dix principaux pays exportateurs de produits biologiques vers l’UE ont représenté 64% des importations de produits biologiques.

La principale porte d’entrée de l’UE pour les produits biologiques reste les Pays-Bas, avec 31% des importations. L’Allemagne, la Belgique et la France suivent, avec respectivement 18%, 11% et 10% des produits biologiques importés par ces pays dans l’UE.

 

 

Zoom sur les fruits et légumes, noix et épices biologiques importés dans l’UE

Les fruits et légumes constituent la majorité des produits biologiques importés au sein de l’UE, avec 1,29 million de tonnes en 2020. 65% de ces fruits et légumes biologiques sont

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois


production de spiruline française

Spiruline Française : la recherche pour se conformer au règlement bio

 

La récente publication des résultats du projet de recherche « Spiruline paysanne » (Casdar n°5504) laisse présager de futures avancées pour la production de spiruline biologique en France.

La spiruline, cette cyanobactérie reconnue pour ses propriétés nutritives intéressantes et consommée traditionnellement dans différents pays, est toujours difficilement cultivable en bio de façon durable[1]. En effet, la réglementation bio européenne (848/2018) induit plusieurs blocages au développement de cette filière : les seuls fertilisants autorisés en culture biologique, pour la culture d’algues[2], sont les produits organiques d’origine végétale. Mais ceux-ci ne permettent pas de garantir la durabilité et la compétitivité du procédé de cette production, car ils ne sont pas adaptés aux spécificités de la spiruline.

Dans un contexte concurrentiel fort, la filière française de production de spiruline, représentée par la FSF[3], est en recherche de solutions pour démarquer sa production des autres produits d’importation, notamment au travers du développement d’un cahier des charges « bio » et d’un guide de

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois


[4] Institut Technique des Filières avicole, cunicole, aquacole
[5] Centre d’Étude et de Valorisation des Algues

 


annexes des substances autorisées en bio

Nouveau règlement bio : publication du règlement d’exécution (UE) 2021/1165 sur les substances autorisées en bio

 

Nous l’attendions… le règlement d’exécution qui précise les nouvelles règles en matière de formulation biologique, et en particulier les substances autorisées, a été publié ce 16 juillet au Journal Officiel de la Commission Européenne. Il s’agit du ‘Règlement d’exécution (UE) 2021/1165 du 15 juillet 2021 autorisant l’utilisation de certains produits et substances dans la production biologique et établissant la liste de ces produits et substances’.

Ce nouveau règlement d’exécution qui vient compléter le règlement Bio (UE) 2018/848, entrera en vigueur comme celui-ci, le 1er janvier 2022. Il abroge le règlement (CE) n°889/2008, même si certaines des listes de ce dernier resteront valides jusqu’au 31/12/2023.

Que faut-il en retenir ?

 

Liste des additifs alimentaires et auxiliaires technologiques autorisés

Les actuelles annexes VIII et IX du règlement (CE) n°889/2008 qui listent les additifs alimentaires et les auxiliaires technologiques utilisés dans la production de denrées alimentaires biologiques transformées ont fait l’objet de révision régulières ces dernières années. Elles ne sont donc que peu modifiées dans leur nouvelle version : l’Annexe V, Partie A, du règlement d’exécution (UE) 2021/1165.

On note cependant que

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Cet article d’Ingrébio vous intéresse ?

Ingrébio vous permet d’acheter des articles à l’unité pour vous aider dans votre veille !

S’ABONNER

INGREBIO MAG banner
Tous les contenus en illimité
à partir de 17€/mois

 


[1] Le « futur -ex-nouveau » règlement Bio : point à date, Ingrébio, 29/09/2020