Congrès Mondial de la Bio 2021 : l’Agriculture Biologique confirme ses atouts

 

Nicolas Hulot ouvre le 20è Congrès Mondial de la Bio – ©Ingrébio

L’édition exceptionnelle du Congrès Mondial de la Bio (OWC) qui s’est tenu du 6 au 10 septembre à Rennes, l’a été à plusieurs titres. Tout d’abord, il s’agissait de la 20è édition de ce rendez-vous international des acteurs de l’agriculture biologique, initié lors de la création d’IFOAM-Organics International en 1972. 20è édition qui a dû être reportée d’un an du fait de la crise Covid, et réorganisée pour une accessibilité en digital, mais aussi en présentiel. La France, accueillant pour la 1ère fois ce congrès mondial, avait choisi Nicolas Hulot comme parrain de l’évènement. Le Président d’Honneur de la Fondation pour la Nature et l’Homme a souligné, comme plusieurs autres intervenants lors de la cérémonie d’ouverture, que l’Agriculture Biologique avait fait ses preuves pour rapidement pouvoir devenir la norme.

L’intérêt de l’agriculture biologique comme solution aux enjeux globaux environnementaux, sociaux et économiques a été au centre des débats, avec en filigrane les sujets liés à la transformation et la résilience des systèmes alimentaires (et non alimentaires). Tout particulièrement, la Biodiversité s’est invitée dans ce Congrès, comme l’un des champs d’action à considérer par les agriculteurs tout comme par les entreprises agroalimentaires.

Les partenaires de l'OWC sur scène.

Les partenaires de l’OWC sur scène. ©Ingrébio

 

Les six forums recroisaient cette thématique générale avec, chacun, des leviers particuliers :
Le Forum du Leadership a imaginé et débattu des axes de développement du mouvement bio de demain, en réunissant penseurs et décideurs politiques.
Le Forum des Agriculteurs et des Conseillers a permis aux paysans et paysannes du monde entier de partager les initiatives, innovations, savoirs et savoir-faire agricoles.
Le Forum Scientifique a invité les chercheurs à présenter les recherches dans le secteur de la Bio, pour une amélioration continue des aliments, des systèmes et de l’agriculture biologiques.
Le Forum Filières et Chaînes de valeur a donné l’occasion aux acteurs des filières (des producteurs aux consommateurs) de partager des expériences inspirantes et des initiatives novatrices pour développer, transformer, faire évoluer les filières agro-alimentaires et non-alimentaires biologiques, dans le respect des principes fondamentaux de la Bio.
Le Forum Culturel et Éducatif a abordé les fondements philosophiques du mouvement Bio et la transmission des connaissances avec toutes les personnes engagées dans la formation et l’éducation.
Le Forum multi-acteurs visait à favoriser les échanges entre tous les acteurs impliqués dans le développement et l’innovation du secteur Bio, ceci en promouvant une approche multi-acteurs dans les systèmes alimentaires Bio.

On en retiendra la richesse des échanges et des initiatives partagées, du Danemark à Taïwan… et un vent d’optimisme grâce à ce mouvement global qui convainc de façon croissante et à tous les échelons.

Un peu plus en détails, voici quelques idées, exemples, faits ou phrases marquantes que nous souhaitons partager avec nos lecteurs à la suite du Congrès Mondial de la Bio. Ce compte-rendu exclusif fera l’objet d’une série d’articles thématiques plus complets à retrouver ci-dessous…

 

Chaîne de valeurs et valeur augmentée de la Bio

Chaînes de valeurs, présentation au COngrès mondial de la bio 2021

©Ingrébio

Si tous les acteurs se réjouissent de la croissance du marché bio, on sait que celle-ci ne s’accompagnera pas toujours de démarches aussi engagées et cohérentes. L’arrivée sur ce marché de puissants acteurs de l’agro-industrie, le manque de régulation des relations commerciales, mais aussi le taux bas de renouvellement des agriculteurs font craindre une perte de valeurs et de cohérence au mouvement bio.
Quelles propositions pour adapter le modèle bio à la transition alimentaire?
Il a été question ici de nouveaux modèles, innovants et durables, de labels privés plus contraignants, mais aussi de partage de valeur, et de commerce équitable…

>A lire : Congrès Mondial de la Bio 2021 : Chaîne de valeurs et valeur augmentée de la Bio

 

Qualité et intégrité des produits biologiques

La qualité des aliments, considérée de façon holistique, est un aspect que les consommateurs considèrent de plus en plus.
Les publications récentes d’études scientifiques confirment qu’au-delà de l’impact positif de l’agriculture biologique sur l’environnement, sa supériorité nutritionnelle est aujourd’hui démontrée. Mais quels sont les outils mis en place pour guider les transformateurs dans leurs formulations, ou les consommateurs dans leurs actes d’achats ? Ont entre autres été abordés lors du Congrès : le projet européen ProOrg, l’inspirant « Mindful Eating » de Jasmin Peschke, ou encore les programmes mis en place pour assurer l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement biologique et pour lutter contre la fraude.

>A lire : Congrès Mondial de la Bio 2021 : Qualité et Intégrité des produits biologiques

 

La biodiversité, un déclin alarmant

Johan Rockström lors du Congrès mondial de la bio 2021

Johan Rockström du PIK Postdam Institute. ©Ingrébio

Le constat est maintenant clair et alarmant : les changements climatiques sont en cours et la biodiversité, qui est une partie du système, est également largement affectée par les conséquences de l’anthropocène. Les études et nombreux rapports cités par Johan Rockström du PIK Postdam Institute lors de son allocution en plénière démontrent que l’agriculture en est la première cause, et avec elle le système alimentaire. L’agriculture est donc le premier levier pour contrer les dommages environnementaux de notre planète. D’une part, parce qu’elle en est la principale cause, mais aussi car elle en est aussi la principale victime.
Alors qu’est-ce que l’agriculture biologique peut apporter à tout ça ?
Les études récentes montrent qu’une agriculture biologique, de conservation, et une alimentation saine, flexitarienne… sont les plus durables pour la planète, sur tous les critères que sont les émissions, l’eau, l’utilisation des sols ou la biodiversité.
Les initiatives en Côte d’Ivoire, mais aussi en France, avec entre autres le témoignage des actions de 4 entreprises pionnières de la bio (et sponsors du Congrès), ont participé à montrer que chaque acteur avait un rôle à jouer pour favoriser la biodiversité dans son environnement.

>A lire : Congrès Mondial de la Bio 2021 : La biodiversité, un déclin alarmant

 

Développement local, relocalisation : entre garanties et politiques publiques

Le mouvement de relocalisation de l’agriculture est lancé, et les prises de conscience, partout dans le monde, qu’une valorisation locale des ressources biologiques est primordiale, s’accélèrent. On citera des exemples dans le Pacifique, en Ukraine ou en Italie. Le Congrès a été aussi l’occasion de témoignages qui montrent comment les politiques publiques aident à accélérer le développement de l’agriculture biologique locale et de la consommation bio.
Entre les évolutions réglementaires (sur la certification de groupe notamment) et les autres outils de garanties qui se développent (comme les PGS…), les outils se multiplient pour faciliter les conversions.

>A lire : Développement local, relocalisation de l’agriculture biologique : entre garanties et politiques publiques

congrès mondial de la bio congrès mondial de la bio


Présentation de l'impact environnemental associé au régime alimentaire de Benjamin ALLES à l'OWC.

Congrès Mondial de la Bio 2021 : Qualité et intégrité des produits biologiques

 

La qualité des aliments, considérée de façon holistique, est un aspect que les consommateurs considèrent de plus en plus.
Les publications récentes d’études scientifiques confirment qu’au-delà de l’impact positif de l’agriculture biologique sur l’environnement, sa supériorité nutritionnelle est aujourd’hui démontrée. Mais quels sont les outils mis en place pour guider les transformateurs dans leurs formulations, ou les consommateurs dans leurs actes d’achats ? Ont entre autres été abordés lors du Congrès : le projet européen ProOrg, l’inspirant « Mindful Eating » de Jasmin Peschke, ou encore les actions mises en place pour assurer l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement biologique et pour lutter contre la fraude.

 

Corrélation entre régime alimentaire et impact environnemental

Programme National Nutrition Santé

Capture d’écran OWC.

L’étude Nutrinet-Santé, incluant le projet BioNutriNet, a comparé l’impact environnemental associé à 4 régimes alimentaires selon les pratiques agricoles, bio ou conventionnelles : omnivore, végétarien, pesco-végétarien et vegan. Il a été constaté que le régime omnivore, qu’il soit bio ou conventionnel, exerce l’impact le plus élevé sur l’émission de gaz à effet de serre, et la consommation de viande (notamment les ruminants) en est le principal facteur. Quant aux régimes végétariens, dont la consommation bio est fortement corrélée, ils contribuent favorablement à un système alimentaire durable.

La cohorte Nutrinet-Santé a également évalué l’impact des nouvelles recommandations nutritionnelles françaises. La mise à jour du Programme National Nutrition Santé, en 2017, a permis d’intégrer les critères de préservation environnementale et d’alimentation biologique. Ces nouvelles recommandations ont, d’après cette étude, un impact positif en matière de santé et de durabilité.

 

Consommation de produits biologiques et impacts sur la santé

Dans le cadre de ce même projet, l’impact de l’alimentation sur la santé a également été analysé. Ce qu’il ressort notamment de ces travaux : un rôle bénéfique exercé par la consommation de produits bio sur le risque de développer un diabète de type II, en particulier chez les femmes

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Bio, de label prive à règlementation publique - ©Ingrébio

Congrès Mondial de la Bio 2021 : Chaîne de valeurs et valeur augmentée de la Bio

 

Si tous les acteurs se réjouissent de la croissance du marché bio, on sait que celle-ci ne s’accompagnera pas toujours de démarches aussi engagées et cohérentes. L’arrivée sur ce marché de puissants acteurs de l’agro-industrie, le manque de régulation des relations commerciales, mais aussi le taux bas de renouvellement des agriculteurs font craindre une perte de valeurs et de cohérence au mouvement bio.
Quelles propositions pour adapter le modèle bio à la transition alimentaire ?

 

Des Labels privés au-delà des labels publics

Les labels privés se présentent comme fédérateurs autour de valeurs partagées, de bonnes pratiques et d’ambitions communes, à l’instar des exemples présentés par Forebio[1] : Bio Cohérence et Unebio. Leur ambition première est souvent, comme le soulignait Charles Pernin du Synabio, d’aller au-delà de la réglementation.
Les labels privés, créés sous l’impulsion d’attentes non satisfaites de la société, sont en fait souvent aussi précurseurs

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Table ronde à au Congrès Mondial de la Bio - ©Ingrébio

Congrès Mondial de la Bio 2021 : La biodiversité, un déclin alarmant

 

Johan Rockström du PIK Postdam Institute. ©Ingrébio

Johan Rockström du PIK Postdam Institute. ©Ingrébio

Le constat est maintenant clair et alarmant : les changements climatiques sont en cours et la biodiversité, qui est une partie du système, est également largement affectée par les conséquences de l’anthropocène. Les études et nombreux rapports cités par Johan Rockström du PIK Postdam Institute lors de son allocution en plénière démontrent que l’agriculture en est la première cause, et avec elle le système alimentaire. L’agriculture est donc le premier levier pour contrer les dommages environnementaux de notre planète. D’une part, parce qu’elle en est la principale cause, mais aussi car elle en est aussi la principale victime.

Alors qu’est-ce que l’agriculture biologique peut apporter à tout ça ?
Les études récentes montrent qu’une agriculture biologique, de conservation, et une alimentation saine, flexitarienne… sont les plus durables pour la planète, sur tous les critères que sont les émissions, l’eau, l’utilisation des sols ou la biodiversité.
Les initiatives en Côte d’Ivoire, mais aussi en France, avec entre autres le témoignage des actions de 4 entreprises pionnières de la bio (et sponsors du Congrès), ont participé à montrer que chaque acteur avait un rôle à jouer pour favoriser la biodiversité dans son environnement.

 

La lutte contre la déforestation

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao en détenant 45% des volumes. Pour lutter contre la déforestation liée à

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Présentation sur les règles européennes de la certification de groupe à l'OWC.

Développement local, relocalisation de l’agriculture biologique : entre garanties et politiques publiques

 

Le mouvement de relocalisation de l’agriculture est lancé, et les prises de conscience, partout dans le monde, qu’une valorisation locale des ressources biologiques est primordiale, s’accélèrent. On citera des exemples dans le Pacifique, à Taiwan ou en Italie. Le Congrès a été aussi l’occasion de témoignages qui montrent comment les politiques publiques aident à accélérer le développement de l’agriculture biologique locale et de la consommation bio.
Entre les évolutions réglementaires (sur la certification de groupe notamment) et les autres outils de garanties qui se développent (comme les PGS…), les outils se multiplient pour faciliter les conversions.

 

La résilience du système alimentaire pacifique

Malgré une très grande richesse en ressources alimentaires, l’importation de denrées alimentaires est omniprésente dans les collectivités d’outre-mer et la Nouvelle Calédonie. Culture, coutumes, méconnaissance de l’agriculture locale… de nombreuses causes expliquent la grande consommation de produits importés.
En Polynésie Française comme en Nouvelle Calédonie, la restauration scolaire (qui représente pour chacune plus de 60 000 repas journaliers) est l’une des cibles principales pour développer la production agricole locale. Des multitudes d’actions sont mises en place : menus contenant

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